Un investissement estimé entre 150 et 200 millions de dollars marque une nouvelle étape dans la stratégie minière du Mozambique. Le pays a inauguré, le 30 janvier, dans la province de Niassa, une usine de traitement de graphite d’une capacité annuelle de 200 000 tonnes, illustrant sa volonté de renforcer la transformation locale de ses ressources minières et de mieux capter la valeur ajoutée issue du secteur extractif.
Cette infrastructure industrielle, inaugurée par le président Daniel Francisco Chapo, s’inscrit dans une politique plus large de diversification économique et de montée en gamme industrielle. Réalisé en partenariat avec des investisseurs chinois, le projet vise à attirer davantage de capitaux étrangers tout en consolidant la place du Mozambique sur le marché mondial du graphite, un minerai stratégique pour les technologies de la transition énergétique.
Le graphite, minerai naturel composé de carbone, est largement utilisé dans de nombreux secteurs industriels. Il joue un rôle central dans la fabrication des anodes pour batteries de véhicules électriques, des moteurs électriques, ainsi que dans les fours industriels, en raison de sa forte résistance aux températures élevées et de ses propriétés conductrices. Cette demande croissante confère au graphite un statut de minéral critique, au cœur des nouvelles chaînes de valeur énergétiques mondiales.
Le secteur extractif demeure un pilier de l’économie mozambicaine, contribuant à environ 11 % du produit intérieur brut (PIB). La nouvelle usine emploie déjà près de 1 000 travailleurs et pourrait générer jusqu’à 2 000 emplois directs à pleine capacité. Au-delà de l’emploi, le projet devrait stimuler les activités connexes, notamment les services, la logistique et les infrastructures locales.
Selon Ecomnews Afrique, le Mozambique dispose d’importantes réserves de graphite estimées à près de 25 millions de tonnes, ce qui en fait le premier détenteur de réserves sur le continent africain et un producteur à grande échelle. Madagascar se positionne comme le deuxième producteur, tandis que la Tanzanie accélère rapidement le développement de ses capacités.
Par ailleurs, dans un rapport publié en août 2022, le cabinet Wood Mackenzie anticipe que l’Afrique deviendra le premier producteur mondial de graphite naturel d’ici 2026. À cet horizon, la production africaine devrait représenter 40 % de l’offre mondiale, contre 15 % en 2021, dépassant ainsi la Chine, dont la part de marché devrait reculer à 35 %.

