La Guinée a confié la conduite de son pilotage macroéconomique à Mariama Ciré Sylla, nommée Ministre du Budget, des Finances et de l’Économie, un portefeuille élargi et hautement stratégique dans un contexte de fortes contraintes budgétaires et d’attentes accrues des partenaires économiques. Cette nomination place au cœur de l’appareil d’État un profil technocratique reconnu pour sa rigueur, sa culture des chiffres et sa maîtrise des standards internationaux de gestion des finances publiques.
Économiste de formation, rompue aux mécanismes de cadrage macro-budgétaire et aux exigences de la gouvernance financière moderne, Mariama Ciré Sylla s’est illustrée par un parcours international qui l’a familiarisée avec les enjeux de soutenabilité de la dette, de mobilisation des ressources internes et de dialogue avec les bailleurs de fonds. Son arrivée à la tête d’un ministère fusionnant Budget, Finances et Économie traduit une volonté politique claire : mieux articuler la stratégie économique, la programmation budgétaire et les instruments de financement de l’État, afin de gagner en cohérence, en efficacité et en crédibilité.
Elle succède à Mourana Soumah, qui occupait jusqu’alors le poste de ministre de l’Économie et des Finances. Haut fonctionnaire expérimenté, Mourana Soumah laisse derrière lui un bilan marqué par des efforts de redressement des équilibres macroéconomiques, une attention soutenue portée à la discipline budgétaire et une volonté de normaliser les relations financières de la Guinée avec ses partenaires techniques et financiers. Son action s’est inscrite dans une phase de stabilisation, visant à renforcer la crédibilité de l’État et à remettre de l’ordre dans la gestion des finances publiques, même si plusieurs chantiers structurants restent ouverts, notamment l’élargissement de l’assiette fiscale, l’efficacité de la dépense publique et la qualité de l’investissement.
Mariama Ciré Sylla hérite ainsi d’un cadre assaini mais encore fragile, dans lequel la continuité devra s’accompagner d’inflexions ciblées. Attendue sur la poursuite des réformes, la rationalisation des dépenses et l’amélioration de l’exécution budgétaire, elle devra également impulser une dynamique économique capable de concilier rigueur financière et croissance inclusive. Sa nomination envoie un signal fort aux marchés, aux investisseurs et aux institutions internationales : la Guinée entend renforcer la crédibilité de sa politique économique et faire du pilotage budgétaire un levier central de sa stratégie de développement.

