Après Abidjan en 2025, les Rencontres du marché des titres publics de l’UMOA, organisée par l’agence UMOA – Titres, ont lieu à Lomé (Togo) pour leur 8e édition. Cette messe régionale, officiellement lancée mardi 27 janvier, prend fin ce mercredi après deux jours de travaux des principaux acteurs du marché, notamment les Trésors nationaux, les investisseurs et les spécialistes du secteur financier venus de 8 pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).
Comme rappelé par Georges Barcola, le ministre des Finances et du Budget du Togo, ces rencontres se tiennent dans un contexte macroéconomique particulièrement exigeant marqué, pour les Etats membres de l’UMOA, par une augmentation soutenue des besoins d’investissement public, l’intensification des pressions sociales et la persistance de contraintes budgétaires élevées, dans un environnement international incertain.
D’ailleurs, constate-t-il, le Marché des Titres Publics revêt une « portée résolument stratégique et politique ». « Il constitue un instrument central de souveraineté financière en ce qu’il permet aux Etats membres de mobiliser l’épargne en monnaie locale, de réduire leur exposition aux chocs externes et de soutenir, en toute autonomie, la mise en œuvre de politiques publiques structurantes et transformatrices », a-t-il indiqué.
Le marché, en l’espace d’une décennie, s’est affirmé comme un pilier du financement public en monnaie locale et un instrument essentiel de gestion de la dette au sein de l’Union. En 2025, les ressources mobilisées ont en effet atteint 11 858 ,80 milliards de FCFA, tandis que l’encours s’est établi à 21 629,34 milliards de FCFA, soit 1 4,6% du PIB de l’Union.
« De marges de progression importantes »
Au-delà des volumes mobilisés, UMOA-Titres – l’agence régionale de gestion et de promotion des titres publics de la zone, créée en 2013 par la Banque Centrale sur décision du conseil des ministres de l’Union – revendique un bilan qualitatif significatif : une régularité et une prévisibilité renforcées des émissions, une diversification graduelle des maturités, ainsi qu’une professionnalisation continue des pratiques, tant au niveau des Trésors que des SVT, des intermédiaires et des investisseurs.
« Si les performances enregistrées sont globalement encourageantes, le Marché des Titres Publics dispose encore de marges de progression importantes pour atteindre son plein potentiel et jouer pleinement son rôle dans le financement du développement, tout en préservant la stabilité financière régionale », constate Jean-Claude Kassi Brou, le gouverneur de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (BCEAO) dans une allocution.
Défis
Face aux besoins de financement structurellement croissants, souligne-t-il, les principaux défis à relever portent notamment sur le renforcement de la capacité d’absorption du marché, en lien avec l’élargissement et la diversification de la base des investisseurs, en particulier les investisseurs institutionnels de long terme, le développement et l’approfondissement du marché secondaire, ainsi que la dynamisation accrue de l’activité des Spécialistes en Valeurs du Trésor.
« Les enseignements tirés ces dernières années montrent que la résilience du marché s’est bâtie dans un contexte marqué par des tensions persistantes sur la liquidité. Ce constat renforce l’urgence de consolider durablement les fondamentaux de notre marché », dira Oulimata N’DIAYE DIASSE, la directrice générale de l’agence Umoa-Titres.
Elle relève, par ailleurs, la nécessité d’analyser le marché avec « lucidité ». « La liquidité du marché secondaire reste limitée, la formation des prix n’est pas encore pleinement optimisée et certaines fragilités opérationnelles persistent. Ensemble, ces facteurs continuent de restreindre la capacité du marché à jouer pleinement son rôle de référence. C’est justement l’ambition de la présente édition des REMTP, accélérer la mutation du Marché des Titres Publics vers un marché qui mobilise et qui vit ; un marché plus fluide, plus profond et véritablement animé par une dynamique continue ».
Pour 2026, les projections d’émissions s’élèvent à 12.773,3 milliards de FCFA.

