La Guinée a franchi une étape historique ce week-end en retrouvant officiellement son siège au sein de l’Union africaine (UA). Cette réintégration marque la fin d’une suspension qui durait depuis près de cinq ans, consécutive au coup d’État militaire de septembre 2021 ayant renversé le président Alpha Condé. La décision, actée par le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’UA, à travers un communiqué publié le 25 janvier 2025, symbolise la reconnaissance internationale du retour progressif du pays dans le concert des nations souveraines du continent.
Le facteur déterminant de ce dénouement diplomatique repose sur la tenue de l’élection présidentielle de décembre 2025, ayant conduit à l’élection de Mamadi Doumbouya, tombeur d’Alpha Condé en septembre 2021. Le Conseil de paix et de sécurité a fondé son verdict sur une évaluation technique et politique jugée positive du processus de transition. En respectant les échéances électorales et en organisant un scrutin présidentiel structuré, les autorités de transition ont fourni les gages de stabilité institutionnelle nécessaires pour lever les sanctions qui pesaient sur Conakry.
Le CPS a souligné que la levée de la suspension s’inscrit dans le cadre des protocoles de l’organisation visant à encourager les processus démocratiques. Ce mécanisme de réintégration démontre la volonté de l’UA de privilégier l’accompagnement des États membres plutôt que leur exclusion prolongée, dès lors que les conditions constitutionnelles sont de nouveau réunies. La Guinée peut désormais participer pleinement aux délibérations et aux processus décisionnels de l’organisation panafricaine.
Le retour de la Guinée au sein de l’UA constitue un signal fort pour la sous-région ouest-africaine, marquée ces dernières années par plusieurs transitions militaires. En réintégrant les instances continentales, le pays renforce sa capacité d’influence sur les dossiers sécuritaires et économiques régionaux. Cette normalisation institutionnelle est perçue par les observateurs comme un levier potentiel pour la résilience démocratique en Afrique, tout en ouvrant la voie à une reprise intensifiée de la coopération multilatérale.

