La police norvégienne a annoncé, ce lundi 26 janvier, l’inculpation d’une société pétrolière ainsi que de deux de ses dirigeants en Norvège, dans le cadre d’une affaire de corruption présumée liée au secteur pétrolier en République du Congo. Les autorités soupçonnent le versement de plusieurs millions de dollars de pots-de-vin à des proches de la famille du président congolais, Denis Sassou Nguesso.
La société mise en cause, Hemla Africa Holding AS, est une filiale indirecte détenue à 100 % par le groupe pétrolier PetroNor, coté à la Bourse d’Oslo. À travers sa filiale Hemla E&P Congo, elle détient une participation de 20 % dans la licence offshore PNGF Sud.
Dans un communiqué, PetroNor a indiqué contester catégoriquement les accusations et s’est dit satisfait de voir l’affaire examinée par un tribunal.
L’enquête a été ouverte à la suite d’une demande d’entraide judiciaire formulée par la police de Monaco, portant sur une transaction bancaire jugée suspecte. Les investigations ont ensuite bénéficié d’une coopération internationale renforcée, notamment avec la France et les États-Unis, a précisé la police norvégienne.
Selon le procureur, les faits reprochés portent sur des mécanismes mis en place au sein de Hemla E&P Congo (HEPCO), titulaire de la licence d’exploitation. Les deux ressortissants norvégiens poursuivis, Gerhard Ludvigsen et Knut Soevold, sont accusés d’avoir veillé à ce que la société congolaise MGI International, spécialisée dans les services pétroliers, la gestion de l’énergie ainsi que l’ingénierie et la maintenance électromécanique, perçoive régulièrement une part des revenus issus de l’exploitation pétrolière.
Jusqu’à fin 2024, ces flux financiers auraient procuré au président congolais et à sa famille un avantage estimé à 24,68 millions de dollars, selon les enquêteurs.
Au-delà de cette participation directe, indique l’enquête, les autorités congolaises évoquent également d’autres avantages présumés, accordés par divers mécanismes, notamment des prêts et des services fournis sans justification commerciale apparente. Des paiements auraient en outre été effectués parallèlement au processus d’obtention de la licence pétrolière au Congo.
Les cofondateurs de Hemla, Knut Soevold et Gerhard Ludvigsen, qui comparaîtront aux côtés de la société, nient toute responsabilité pénale et entendent se défendre « avec la plus grande fermeté », ont indiqué leurs avocats, Halvard Helle et Arild Dyngeland. « Tous les accords conclus avec la société congolaise reposaient sur des considérations strictement commerciales, sans aucun lien avec des faits de corruption », ont-ils ajouté.
Knut Soevold avait quitté ses fonctions de directeur général de PetroNor en 2021, à la suite d’une perquisition menée par la police norvégienne dans les locaux du groupe dans le cadre de cette affaire.
Les autorités ont par ailleurs précisé que la Norvège n’exerce aucune compétence juridique sur les bénéficiaires présumés des paiements et qu’aucune évaluation de leur responsabilité pénale n’a été menée.
La licence PNGF Sud, située en eaux peu profondes à environ 25 kilomètres au large des côtes congolaises, regroupe plusieurs champs actuellement en production. Elle est exploitée par Perenco, société pétrolière indépendante anglo-française, qui n’avait, à ce stade, fait aucun commentaire.

