Dans les vastes étendues arides de la Mauritanie, où l’eau est rare et les écosystèmes fragiles, la mine de Tasiast, exploitée par Kinross, s’est attachée à intégrer la responsabilité environnementale à tous les niveaux de ses opérations. L’exploitation est allée bien au-delà du simple respect des réglementations environnementales, en inscrivant la durabilité au cœur de sa culture d’entreprise de la gestion de l’eau et de l’énergie au traitement des déchets, jusqu’à la restauration des terres.
Cette démarche s’inscrit dans une transformation plus large du secteur minier africain, où les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) ne sont plus optionnels. Les gouvernements renforcent les cadres de conformité, les investisseurs exigent des informations crédibles, et les communautés locales se montrent de plus en plus attentives aux impacts environnementaux. Dans ce contexte, des sites comme Tasiast investissent massivement pour mettre la durabilité au premier plan de leur modèle économique.
Intégrer les normes environnementales aux opérations quotidiennes
Le système de gestion environnementale de Tasiast combine la législation mauritanienne avec des référentiels internationaux tels que la norme ISO 14001 et le Code international de gestion du cyanure (ICMC), pour lequel la mine est certifiée depuis 2017 et a été re-certifiée en 2023. La conformité est assurée par un suivi continu et des rapports transparents transmis aux ministères de l’Environnement et des Mines. Sept stations de surveillance de la qualité de l’air mesurent les poussières et les émissions, tandis que l’utilisation de l’eau et la gestion des eaux pluviales font l’objet d’audits réguliers afin de garantir le strict respect des normes.
Près de 99 % de l’eau utilisée à Tasiast provient de sources saumâtres ou salines, ce qui permet de préserver les ressources en eau douce pour les communautés environnantes. Les opérations reposent exclusivement sur de l’eau saline non potable, extraite de forages appartenant à l’entreprise. Cette eau est traitée pour les usages domestiques et réutilisée dans un système en circuit fermé qui recycle l’eau de l’exploitation minière plutôt que de la rejeter dans l’environnement.
Cette approche est essentielle dans un pays où la gestion durable de l’eau constitue un enjeu national majeur. Les zones arides de Mauritanie subissent une pression croissante liée à la variabilité climatique et à la croissance démographique, et les utilisateurs industriels sont tenus de limiter au maximum leur impact sur les ressources en eau douce. Le système de Tasiast démontre qu’une activité industrielle à grande échelle peut fonctionner en cycle fermé, conciliant efficacité opérationnelle et prudence environnementale.
Déployer les énergies propres et renforcer l’action climatique
L’énergie constitue un autre levier clé de la réduction de l’empreinte environnementale de Tasiast. En mars 2024, la centrale solaire — un investissement de 55 millions de dollars américains — est devenue pleinement opérationnelle. Composée d’environ 80 000 panneaux solaires, l’installation produit 34 mégawatts d’électricité — de quoi couvrir près d’un cinquième des besoins en électricité du site. Au cours de sa première année d’exploitation, elle a généré plus de 50 000 mégawattheures d’électricité propre — l’équivalent de légèrement plus de 3 % de la production annuelle d’électricité de la Mauritanie en 2023 — et permis d’économiser plus de 20 millions de litres de carburant depuis 2024.
Cette centrale contribue aux ambitions nationales de la Mauritanie en matière de diversification énergétique grâce au solaire. Dans un pays bénéficiant de l’un des taux d’ensoleillement les plus élevés au monde, ce type d’investissement privé illustre le potentiel des énergies renouvelables pour réduire la dépendance aux carburants importés tout en diminuant les émissions. D’autres projets, comme le premier contrat de production indépendante d’électricité (IPP) du pays — un partenariat de 300 millions de dollars avec le développeur basé à Dubaï, Iwa Green Energy, pour la construction d’une centrale solaire-éolienne de 220 MW — seront déterminants pour accélérer cette transition. Le président Mohamed Ould Ghazouani a posé la première pierre du projet le 25 décembre 2025, soulignant l’engagement de l’État en faveur de la souveraineté énergétique.
À l’échelle du continent, de nombreuses mines adoptent des modèles similaires pour réduire leurs émissions et leurs coûts. En Égypte, la mine de Sukari exploite une centrale solaire de 36 MW avec stockage par batteries ; au Mali, la mine de Fekola intègre un système hybride de 30 à 36 MWc ; et en Afrique du Sud, la mine de South Deep dispose d’une installation solaire raccordée au réseau de 50 MW. L’expérience de Tasiast s’inscrit pleinement dans cette tendance émergente de mines investissant dans des énergies propres pour alimenter durablement leurs activités.
Au-delà des grandes infrastructures de production, des ajustements opérationnels plus modestes renforcent cette transition. L’introduction de onze bus électriques pour le transport du personnel permet d’économiser plus de 14 000 litres de carburant par an, tandis que l’optimisation des itinéraires de transport et l’utilisation de camions de plus grande capacité ont réduit la consommation de diesel de 4,3 millions de litres en 2023 et 2024 — soit une baisse équivalente à plus de 11 000 tonnes de CO₂. Ensemble, ces mesures illustrent comment l’efficacité énergétique et l’innovation peuvent transformer des objectifs environnementaux en gains opérationnels concrets.
Restaurer les habitats
À travers le projet Tasiast Green, lancé en 2022, l’entreprise œuvre à la restauration de la végétation et à la promotion de la biodiversité dans les zones affectées par l’activité minière. À la mi-2025, plus de 1 600 arbres indigènes avaient été plantés sur cinq hectares, avec un objectif de revégétalisation supplémentaire de 12 hectares. Dans un environnement désertique, ces efforts ne sont pas uniquement symboliques : la végétation locale contribue à stabiliser les sols, à lutter contre l’érosion et à créer des micro-habitats favorables à la faune.
La responsabilité environnementale de Tasiast dépasse également le périmètre du site minier. Depuis 2019, l’entreprise entretient un partenariat avec le Parc national du Banc d’Arguin (PNBA), un site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO et une réserve naturelle de 12 000 km² réputée pour son rôle clé dans la migration des oiseaux. Ce partenariat vise à protéger la valeur universelle du parc par le suivi environnemental, la conservation de la biodiversité et le soutien aux communautés traditionnelles. Dans ce cadre, Tasiast a remis en service trois unités de dessalement au sein du PNBA, bénéficiant à plus de 1 200 habitants. Un autre projet prévoit la construction d’une nouvelle unité de dessalement dans le parc.
Gestion sûre des déchets et des produits chimiques
La gestion responsable des déchets et des substances chimiques constitue un autre pilier central de la stratégie environnementale de Tasiast. La mine applique rigoureusement les protocoles de l’ICMC en matière de transport, de stockage et d’utilisation du cyanure. L’ensemble du traitement s’effectue dans un circuit fermé conçu pour prévenir toute dispersion dans l’environnement. Les emballages et résidus sont détruits dans des installations d’incinération contrôlées, conformes aux normes nationales et internationales de sécurité.
Par ailleurs, Tasiast a mis en place un programme de recyclage des matériaux ferreux et non ferreux, permettant de valoriser et de réutiliser une part significative des déchets industriels. Cette approche circulaire reflète les meilleures pratiques internationales émergentes et s’aligne sur l’évolution de la politique environnementale mauritanienne, qui accorde une importance croissante au recyclage et à la récupération des matériaux dans le cadre d’un développement industriel durable.
Vers un modèle mauritanien de mine responsable et durable
À l’heure où les industries extractives font l’objet d’un examen de plus en plus attentif, l’approche de Tasiast montre comment les considérations environnementales peuvent être pleinement intégrées aux opérations minières. Les efforts déployés pour réduire les émissions, gérer l’eau de manière durable et restaurer la biodiversité démontrent que l’exploitation minière responsable en Mauritanie peut aller bien au-delà du simple respect des réglementations.
Alors que les gouvernements africains et les investisseurs accélèrent la transition vers une industrialisation plus verte, le modèle de Tasiast offre un exemple concret — montrant que la durabilité peut renforcer, et non contraindre, l’avenir du secteur minier, tant en Mauritanie que sur l’ensemble du continent.

