Examen réussi pour les partenariats public-privé (PPP). A l’unanimité, ils viennent d’être [une fois de plus] reconnus comme « un outil de développement pour l’Afrique » mais aussi « un instrument de lutte contre les dettes publiques cachées ». L’impression s’est dégagée des interventions des panelistes qui, le 23 janvier 2026 à Banjul, en Gambie, se sont penchés sur le thème central de la 7ème édition des Financial Afrik Awards (7FAA) : « Public Private Partnerships as an alternative to public debt (Les partenariats public-privé comme alternative de la dette publique [en Afrique]) ».
Après avoir planté le décor, la directrice générale de Global Mind, Seynabou Dia, a donné la parole au Conseiller spécial du président de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD), Ibrahima Diouf. Qui est revenu sur « les PPP, un sujet stratégique qui nécessite des financements importants ». Pour lui, « ce type de financement a l’avantage d’allier les besoins des Etats d’emprunter à des taux faibles et l’expertise du secteur privé dans la réalisation des grands projets ». Dans ce contexte, poursuit le représentant du président de la BOAD, dans cet attelage, les banques de développement jouent un rôle important.

De son côté, Ebrima Sawaneh, CFO & COO d’ARISE IIP, s’est appesanti sur les conditions de financement d’un projet sur la base d’un PPP. « Ainsi, a-t-il indiqué, il est important de mettre en place un cadre juridique qui garantit la transparence dans la gestion des fonds mis à disposition, de mettre un accent sur la bancabilité du projet mais surtout sur ses impacts sur la communauté qui l’abrite ». Pour illustrer son intervention, Ebrima Sawaneh a fait appel à l’expérience de la zone économique spéciale (ZES) de Libreville, au Gabon, qu’accompagne ARISE IIP. « L’emploi offert à 12.000 personnes sur ce site marque l’impact du projet sur les populations locales », a-t-il déclaré.
Répondant à question de savoir quel était le meilleur projet gambien financé à partir d’un PPP, le ministre du Commerce du pays hôte des 7FAA, Mod K. Ceesay, a évoqué « la digitalisation de la confection de la carte nationale d’identité, du paiement de l’assurance et des contrôle des flux aux frontières du pays ». Il n’oublie pas l’expérience réussie de la gestion du port de Banjul par All Port, une société turque spécialisée dans le domaine.
L’intervention d’Amadou Thiam, le Senior Regional Head of North, West and Central Africa de Shelter Afrique a tourné autour des données sur les données qualitatives et quantitatives de l’habitat en Afrique ainsi que les besoins y relatifs surtout à l’horizon 2050. Ainsi, apprend-on de lui, « selon les données de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), d’ici à 2050, 700 millions d’Africains investiront les villes du continent. Pour l’ONU-Habitat, 60% des logements sont dans un état précaire ». En conséquence, poursuit-il, « il existe un gap de 50 millions de logements qui demandent un financement estimé à 1.200 milliards USD ». Cela nécessite « un cadre réglementaire crédible et clair, des données fiables et la garantie de nouer des partenariats équilibrés entre les Etats et le secteur privé ».
Selon Evelyne Denise Khady Ndiaye, la directrice du secteur privé de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), « depuis 2012, les PPP sont une préoccupation de nos chefs d’Etat et de gouvernement ». Ces derniers ont finalement décidé de « faire des PPP un outil de développement ». Ainsi, ils ont été maturés en dix ans malgré des difficultés liées au préfinancement des projets. « Il fallait faire l’équilibre entre cette option et la dette publique ».
En résumé, selon Seynabou Dia, les Etats ont fait le choix global de classer les PPP dans le secteur des marchés publics. Cependant, conclut-elle, « pour une meilleure atteinte des objectifs communs, ces Etats ont pris soin de mettre en place un arsenal juridique qui protège le secteur privé et promeut la discipline budgétaire afin d’éviter les dettes publiques cachées ».

