La cérémonie d’ouverture officielle de la 7ᵉ édition des Financial Afrik Awards (#7FAA), un rendez-vous désormais bien installé dans l’agenda économique africain, s’est tenue ce vendredi 23 janvier à Banjul, la capitale gambienne. Présidée par le chef de l’État, Adama Barrow, soulignant l’importance stratégique de l’événement initié en 2018.
Devenue au fil des éditions une plateforme de référence sur les enjeux du financement du développement, la rencontre réunit décideurs publics, investisseurs, dirigeants d’institutions financières et acteurs majeurs du secteur privé. Cette édition se tient dans un contexte macroéconomique contraignant pour de nombreux pays africains. Le resserrement des conditions de financement internationales, la hausse des taux d’intérêt et la pression accrue sur les finances publiques réduisent en effet les marges budgétaires et obligent les gouvernements à repenser leurs stratégies de financement des infrastructures.
Le thème retenu, « les partenariats public-privé (PPP) comme alternative à la dette publique », traduit cette évolution stratégique. Pour de nombreux États africains, l’enjeu ne réside plus uniquement dans l’accès aux financements, mais dans la mise en place de mécanismes soutenables, limitant l’exposition budgétaire directe tout en mobilisant des capitaux à long terme.
« Une plateforme cruciale pour engager le dialogue »
Lors de son allocution, le président gambien Adama Barrow a insisté sur l’importance de la discipline macroéconomique et du financement privé structuré : « Le forum de cette année se tient sous un thème à la fois opportun et hautement pertinent : les partenariats public-privé comme alternative à la dette publique. À travers le continent africain, les gouvernements sont confrontés à une pression croissante pour répondre aux aspirations de développement de nos populations, tout en préservant la stabilité macroéconomique et la soutenabilité fiscale », a-t-il dit.

« Dans ce contexte, les partenariats public-privé, le financement mixte et les structures d’investissement innovantes ne sont plus des instruments optionnels. Ils constituent des piliers essentiels pour un développement durable. Ce forum nous offre une plateforme cruciale pour engager le dialogue et mettre l’accent sur des solutions concrètes, permettant de mobiliser le capital privé au service de la croissance du continent », a ajouté le chef de l’Etat, qui fait des infrastructures, sa priorité.
Ousainou Senghore, directeur général de l’Agence de promotion des investissements et des exportations de Gambie (GIEPA), souligne : « l’Afrique se trouve à un moment charnière de son histoire. Nous sommes déterminés à transformer nos institutions en moteurs d’industrialisation, de progrès numérique, de résilience face au climat et de croissance inclusive. En avançant ensemble, agissons avec urgence, unité et confiance, sachant que lorsque l’Afrique investit en elle-même, les retombées ne sont pas seulement économiques, elles sont transformatrices. »
Faire de l’Afrique son propre « Eldorado »
Pour sa part, Fazilah Dahall, présidente du jury des Financial Afrik Awards, note que « la Gambie est une nation dont l’influence dépasse largement la taille, un pays marqué par la stabilité, l’ouverture et la confiance d’un peuple qui regarde résolument vers l’avenir. Elle est l’hôte idéal pour un événement qui célèbre l’ambition, le leadership et l’excellence africains. »

Également présent à la cérémonie, l’entrepreneur social sénégalais Thione Niang rappelle l’importance de la jeunesse. « Investir dans la jeunesse, c’est investir dans l’avenir économique de l’Afrique. Nous devons créer davantage de leaders et de champions africains pour bâtir un continent autosuffisant et prospère. L’Afrique peut non seulement former ses champions économiques, mais aussi transformer durablement sa croissance et son développement », a -t-il lancé. Tout en invitant les Africains à faire leur continent, leur propre Eldorado.
Dans le prolongement des précédentes éditions, les Financial Afrik Awards accordent une place croissante aux relations économiques et financières entre l’Afrique et le monde arabe. Une table ronde de haut niveau réunit acteurs de la finance, de l’énergie, des infrastructures et de la finance islamique, dans un contexte marqué par l’intérêt croissant des investisseurs arabes pour des projets africains à long terme.
Positionner le pays
Pour le pays hôte, l’événement constitue également une vitrine économique. Les sessions « Invest in The Gambia » présentent des projets structurants et des opportunités d’investissement, notamment via des partenariats public-privé. Les autorités gambiennes cherchent à positionner le pays comme une destination stable et crédible pour les investisseurs, dans un environnement régional marqué par des incertitudes politiques et économiques.
En réunissant décideurs publics, investisseurs et experts, cette 7ᵉ édition pose une question centrale : les partenariats public-privé peuvent-ils constituer une alternative crédible et soutenable à l’endettement public en Afrique ? À Banjul, les débats visent à dépasser les intentions pour interroger la faisabilité concrète de ce modèle.

