La Mauritanie et le Sénégal ont réaffirmé leur volonté de consolider leur partenariat économique et stratégique à l’occasion de la visite officielle à Dakar, les 8 et 9 janvier, du Premier ministre mauritanien El Moctar Ould Djay. Cette rencontre marque une étape clé dans le rapprochement entre les deux pays et le suivi de projets structurants à fort impact sur le développement économique régional.
Les échanges avec le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko, ponctués par un tête-à-tête et une conférence de presse, ont porté sur l’énergie, les infrastructures, le commerce, la mobilité et la sécurité.
« Cette visite illustre notre volonté commune de transformer nos engagements politiques en projets concrets, bénéfiques pour nos économies et nos populations », a déclaré le Premier ministre sénégalais lors de la rencontre. Pour Sonko, l’importance réside dans la capacité des deux gouvernements à aligner stratégie politique et initiatives économiques opérationnelles.
Projets structurants et opportunités économiques
Le projet gazier offshore Grand Tortue Ahmeyim (GTA) est resté au centre des discussions. Dakar et Nouakchott ont réaffirmé leur engagement pour une exploitation coordonnée du gisement, perçu comme un levier majeur de recettes publiques, de diversification énergétique et d’attractivité pour les investisseurs étrangers.
Lors de son allocution, le Premier ministre mauritanien, El Moctar Ould Djay, a rappelé que : « Le GTA n’est pas seulement un projet énergétique, c’est un symbole de notre partenariat stratégique et industriel. Nous devons avancer ensemble pour en maximiser les retombées économiques ». La visite conjointe des présidents sur la plateforme en mai 2025 a été rappelée comme un signal politique fort pour le démarrage de la production de gaz naturel liquéfié.
Les infrastructures, notamment le pont de Rosso, clé pour le commerce transfrontalier et l’intégration régionale, voient leur calendrier révisé : la livraison, initialement prévue début 2026, est reportée à 2027. La levée de la rupture de charge depuis novembre 2025 et la création d’un bureau de fret, ainsi qu’une plateforme de gestion des échanges, devraient réduire les coûts logistiques, stimuler le commerce et améliorer la compétitivité régionale.
Dakar et Nouakchott se sont également engagés à appliquer pleinement l’accord de juin 2025 sur l’entrée, le séjour et l’établissement des ressortissants respectifs. Un comité mixte de suivi, prévu d’ici fin février 2026, vise à sécuriser la main-d’œuvre transfrontalière, essentielle aux activités économiques locales et aux chaînes de valeur régionales.
Face à la progression de la fièvre de la Vallée du Rift, les deux gouvernements ont décidé de renforcer la coordination sanitaire, notamment dans l’élevage et l’agro-industrie. Le lancement imminent d’un projet de modernisation des filières d’élevage, centré sur la création de coopératives le long de la vallée du fleuve Sénégal, constitue un levier de productivité et de sécurité alimentaire.

