Les derniers développements qui nous parviennent de Bamako, de Kayes, de Tombouctou font froid dans le dos. Les affreux islamistes de la JNIM avancent en rase campagne, bloquent les routes stratégiques et privent les centres urbains de carburant. Dans ces heures graves, il est clair que le communiqué de l’Union africaine, s’inquiétant de la situation, relève du service minimum. Que dire alors du mutisme assourdissant de la CEDEAO ? La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest doit prendre ses responsabilités de manière directe et responsable en poussant les Maliens au dialogue pour le triomphe de la démocratie et d’une société plurielle et libre. Mais surtout pas d’État islamiste sur les rives du Djoliba.
Permettre à la JNIM et aux groupuscules terroristes de prendre le pouvoir, c’est créer un Sahélistan qui irait de Bamako à Khartoum. Pour une fois, il faut des concertations urgentes et pragmatiques avec le régime d’Assimi Goïta et les trois pays dits de l’AES. Il faut s’asseoir à table avec les putschistes et déterminer des solutions politiques, diplomatiques et militaires face au chaos qui frappe aux portes de Bamako. Oui, la vertu sans la force n’est que théorie.
Si la CEDEAO, la plus concrète des ensembles économiques africains, avec cet inestimable cadeau de la libre circulation des personnes et des biens offert à ses 400 millions d’habitants, veut survivre aux fragmentations multiples qui menacent ses États, elle doit se doter d’une force militaire allant plus loin que sa fantasmagorique Force en attente. On ne peut ériger un tel ensemble et faire face aux prédateurs multiples avec de l’eau de cologne et des vœux pieux. On n’en serait pas là si, dès les coups d’État perpétrés à intervalles dans les trois pays, la force du droit avait emporté le droit de la force.
Les postures de la CEDEAO n’ont pas été accompagnées, hélas, de la force dissuasive. L’on se rappelle de l’ultimatum précipité du président Tinubu, suivi — souvenons-nous-en — d’une étonnante pantalonnade et de la case à palabres entre des États et des ensembles tribaux.
Quant aux trois soldats qui ont pris en otage le Niger, le Mali et le Burkina Faso, ils sont mus par la logique de la conservation du pouvoir plutôt que par la logique de la reconquête du territoire perdu. Sous des dehors de quête de souveraineté, on le voit, seule la logique de régner agite la soldatesque. Comment expliquer qu’à Bamako le monopole de la force légitime, dévolu à l’État, soit cédé à prix d’or à des mercenaires russes, voire turcs ?
La rupture tragique des chaînes d’approvisionnement entre le Sénégal, la Côte d’Ivoire et le Mali étale les carences des FAMA, l’incurie desdites forces conjointes de l’AES et la vacuité des forces dites russes. Sommes-nous dans le scénario de Damas ou de Kaboul ? La CEDEAO ne doit pas rester les bras croisés. On ne négocie pas avec le droit. Si Bamako tombe, aucune capitale ouest-africaine ne sera épargnée.


Un commentaire
Quand on veut aider une population avec des intentions franches il y a des termes qu’on n’emploie pas pour créer une atmosphère conviviale. Peu importe le dirigeant, on peut envoyer son aide en montrant nos bonnes intentions. C’est pays bien que gérés par des militaires sont l’aspiration de leur peuple. Dans un souci de soutien, la Côte d’Ivoire doit être écarté dans l’approche car son dirigeant n’est pas l’exemple d’un dirigeant démocrate. On peut trouver dans la sous région des dirigeants d’une bonne moralité et apprécier de leur population pour créer le canal de discussion pour des solutions de paix.