L’Organisation pour la Mise en Valeur du fleuve Sénégal (OMVS) accélère sa mue. Sous l’impulsion de son Haut-Commissaire, Mohamed ABDEL VETAH, l’institution régionale engage une nouvelle phase : gouvernance par la donnée, innovation technologique et inclusion de la jeunesse au cœur de la stratégie de gestion du bassin.
Réunis à Dakar le 30 octobre 2025, les coordonnateurs nationaux et dirigeants des sociétés du Système (SOGED, SOGEM, SOGENAV, SOGEOH, SEMAF) ont acté un tournant décisif. L’OMVS ne se contente plus de gérer un fleuve : elle ambitionne désormais de le modéliser, de l’étudier et de le projeter dans l’avenir.
À l’agenda, trois annonces majeures :
- Un jumeau numérique du fleuve Sénégal, premier du genre en Afrique de l’Ouest, pour simuler niveaux d’eau, impacts climatiques et infrastructures en temps réel — un outil stratégique à l’heure des tensions hydriques et de l’incertitude climatique.
- Un incubateur régional dédié aux jeunes et aux femmes, visant à faire émerger des start-up et projets verts autour de l’eau, de l’agriculture durable et des énergies renouvelables.
- Une Cellule de Recherche et d’Innovation pour rapprocher scientifiques, universités, ingénieurs et décideurs politiques, et ancrer la gouvernance du fleuve dans la production de connaissance locale.
« Le fleuve Sénégal doit devenir un espace d’intelligence collective. La science, la technologie et la jeunesse seront nos moteurs de résilience », a martelé Mohamed ABDEL VETAH.
Conakry 2025 en ligne de mire
Ce cycle d’innovation débouchera sur un temps fort : le Forum OMVS, prévu le 22 novembre 2025 à Conakry. Thème :
« La jeunesse au cœur de la transformation durable du bassin du fleuve Sénégal : bâtir la résilience, du Fouta Djallon au Delta. »
Chefs d’État, bailleurs, institutions techniques, jeunes entrepreneurs et acteurs communautaires sont attendus. Objectifs :
- montrer que l’innovation locale peut répondre aux défis de l’eau et du climat ;
- renforcer les alliances financières autour des grands projets du bassin.
Un Comité consultatif des partenaires au développement (CCPD) préparera l’événement, signe d’une approche plus structurée vis-à-vis des bailleurs.
Un système hydraulique régional en mutation
Au-delà de l’innovation, Dakar a permis de faire le point sur les chantiers structurants : barrages de Gourbassi et Koukoutamba, navigation fluviale, renforcement de l’accès à l’eau potable.
Dans un contexte où l’Afrique réinterroge son modèle de gestion des ressources naturelles, l’OMVS veut s’affirmer comme laboratoire régional de coopération hydrique, capable de concilier souveraineté, technologie et intégration régionale.
Sous le mandat de Mohamed ABDEL VETAH, l’organisation entend passer d’une gestion opérationnelle du fleuve à une vision stratégique, anticipatrice, orientée vers la résilience climatique et la valorisation économique de l’eau.
Un message clair : à l’heure du changement climatique, le fleuve Sénégal sera autant affaire de data, d’innovation et de jeunesse que de barrages et d’ouvrages hydrauliques.

