Par Rodrigue Fenelon Massala
Coup de théâtre à l’UNESCO. Le retrait inattendu de la Mexicaine Gabriela Ilian Ramos Patino a transformé l’élection pour la direction générale en un duel tendu entre l’Égyptien Khaled Ahmed El-Enany Ali Ezz, représentant du groupe arabe, et le Congolais Firmin Edouard Matoko, porté par l’Afrique.
L’enjeu est majeur : réforme institutionnelle, gouvernance plus efficace, mais aussi symbole politique d’un leadership du Sud capable de peser face aux équilibres traditionnels Nord-Sud. Dans ce contexte bouleversé, chaque voix compte et l’Amérique latine, privée de candidate, devient désormais le champ de bataille où les deux camps concentrent leurs efforts.
El-Enany, un favori fragilisé
Ancien ministre égyptien de l’Antiquité, Khaled El-Enany avait pris une longueur d’avance en lançant sa campagne dès 2022. Fort du soutien attendu du groupe arabe et des pays du Golfe, il apparaissait comme le grand favori. Mais cette avance, solide hier, s’effrite face à la montée en puissance de son adversaire congolais.
Matoko, l’outsider qui bouscule le jeu
Firmin Matoko, cadre chevronné de l’UNESCO, économiste et diplomate, a mené une campagne offensive ces deux derniers mois. Soutenu officiellement par l’Union africaine et, récemment, par la SADC avec l’appui de l’Afrique du Sud, il incarne une candidature de l’intérieur, crédible et rassembleuse. Son profil d’homme de consensus, polyglotte et reconnu pour son expertise multilatérale, séduit un nombre croissant de délégations.
Une bataille ouverte
À deux mois de la 44e Conférence générale prévue à Samarcande, l’issue du scrutin reste imprévisible. Entre l’expérience ministérielle et la force diplomatique de Khaled El-Enany, et l’élan africain et institutionnel porté par Firmin Matoko, le duel s’annonce âpre.
Une certitude : l’élection, autrefois jouée d’avance, est désormais relancée.