La réunion ordinaire du Conseil des ministres de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA) s’est ouverte ce vendredi 2 octobre à Dakar, au siège de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO). Plusieurs dossiers portant notamment sur la protection sociale, l’intégration financière, le fonctionnement des institutions communautaires et le financement du développement figurent à l’ordre du jour.
Au titre des rapports issus des deux mois écoulés, le Conseil des ministres examinera des projets de directives portant sur la régulation communautaire des marchés publics de l’Union. Il statuera également sur des projets de décisions relatives à l’adoption de la Stratégie régionale de protection sociale 2026-2035 de l’UMOA.
Le Conseil examinera, en outre, un projet de règlement modifiant le règlement n° 02/96-CM du 20 décembre 1996, portant statut du greffier de la Cour de justice de l’Union.
« Il sera soumis pour avis des recours judiciaires, ainsi que le projet pour le Niger de la Commission de l’Union », a précisé Dr Aboubakar Nacanabo, président du Conseil des ministres de l’UMOA et ministre burkinabè de l’Économie, des Finances et de la Prospective.
Les paiements panafricains au cœur de l’agenda
Au titre de l’Autorité des marchés financiers de l’UMOA, le Conseil procédera par ailleurs à l’examen et à l’approbation de fonds d’investissement.
Les ministres se pencheront également, au titre de la BCEAO, sur la participation de l’Institut d’émission des États membres de l’Union au système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS).
« Ce dossier s’inscrit au cœur de la modernisation de l’interconnexion des systèmes de paiement sur notre continent », a déclaré le président du Conseil.
Enfin, au titre de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD), le Conseil examinera la question de la renonciation aux immunités et privilèges de la Banque dans le cadre du financement mobilisé auprès de plusieurs partenaires techniques et financiers.
Une croissance de 6 % au deuxième trimestre
Au-delà de l’ordre du jour, le président du Conseil des ministres est revenu, dans son allocution, sur la conjoncture économique mondiale et la situation au sein de l’Union.
Selon les dernières projections du Fonds monétaire international (FMI), la croissance économique mondiale devrait s’établir à 3 % en 2026, soit 0,1 point de pourcentage de moins que la prévision publiée en avril 2026. Elle atteindrait 3,4 % en 2027.
« Ces chiffres nous invitent à la vigilance, mais aussi à l’action. Dans un monde incertain, notre capacité collective d’anticipation et de décision demeure essentielle », a-t-il souligné.
Au sein de l’UEMOA, l’activité économique est restée dynamique au deuxième trimestre 2026, avec une croissance estimée à 6 % en rythme annuel, après 6,1 % au trimestre précédent.
« Cette performance, portée par l’ensemble des secteurs, témoigne de la vitalité de nos économies et de leur capacité de résistance », a relevé Aboubakar Nacanabo.
L’inflation remonte à 0,4 %
Sur le front des prix, le taux d’inflation s’est établi à 0,4 % au deuxième trimestre 2026, contre -0,2 % au trimestre précédent. Cette remontée du niveau général des prix s’explique principalement par la hausse des coûts du transport, consécutive au relèvement des prix des produits pétroliers dans la plupart des États membres, ainsi que par l’évolution des prix du logement et de certains produits alimentaires.
Pour l’ensemble de l’année 2026, l’inflation est projetée à 1 % en moyenne, après 0 % en 2025.
Dans le même temps, la position extérieure de l’Union s’est renforcée au deuxième trimestre, soutenue notamment par l’accroissement des exportations d’or, de coton, de cacao et de produits pétroliers.
« Ces résultats confirment le dynamisme de nos industries extractives et manufacturières, de nos activités commerciales et de nos services, ainsi que les perspectives favorables de la campagne agricole 2026-2027 », a indiqué le président du Conseil.
Pour le responsable burkinabè, les perspectives économiques de l’Union restent favorables, mais cette dynamique doit désormais être transformée en progrès durable.
« Notre ambition doit désormais aller au-delà de la simple préservation de cette performance », a-t-il déclaré, appelant à poursuivre les efforts pour consolider les acquis de l’Union, renforcer sa résilience et approfondir son intégration.
UMOA : croissance de 6 %, inflation et intégration financière au menu du Conseil des ministres

Dominique Mabika
Journaliste congolaise, passionnée d’économie, de finance et de culture. Le domaine de prédilection de Dominique Mabika est l'audiovisuel . A ce titre, elle présente Le Grand Débat de Financial Afrik TV et conduit la coordination des reportages sur le terrain et la réalisation des documentaires et des interviews.
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