Cinq semaines après un premier essai peu concluant sur le marché de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC), le Trésor public centrafricain a programmé, le 19 octobre 2026, une offre de rachat de 7,5 milliards de FCFA (environ 12,9 millions USD) de titres publics arrivant à échéance en novembre et décembre 2026. Le’annonce a été faite par le ministère des Finances et du Budget dans un communiqué de presse datant du 13 octobre 2026.
Dans le détail, cette offre cible deux instruments. Il s’agit d’abord de 2,5 milliards de FCFA (environ 4,3 millions USD) d’Obligations du Trésor assimilables (OTA) à 6,5%, remboursables le 29 novembre 2026. Puis, le Trésor public centrafricain a émis pour 5 milliards de FCFA (8,55 millions USD) de Bons du Trésor assimilables (BTA) exigibles le 9 décembre 2026. Il veut ainsi alléger ses échéances de fin d’année.
Un premier essai à 24,8%
L’on se souvient que le 14 septembre 2026, le gouvernement centrafricain cherchait à racheter 10 milliards de FCFA (environ 17,09 millions USD), mais les investisseurs n’ont cédé que 2,48 milliards de FCFA (4,24 millions USD), soit 24,8% du montant ciblé. La seconde ligne a pourtant trouvé preneur presque intégralement, avec 1,18 milliard de FCFA rachetés sur 1,2 milliard.
La première ligne a freiné l’ensemble. Elle n’a attiré que 1,3 milliard FCFA, contre 8,8 milliards espérés.
Environ 34 millions USD de nouvelles émissions
Parallèlement, le Trésor veut lever 20 milliards de FCFA (environ 34 millions USD). Il abonde trois lignes existantes : 15 milliards sur une OTA à 6,75% remboursable en mai 2028, puis 3 milliards (janvier 2029) et 2 milliards (juillet 2029), toutes deux à 6,5%.
Cette stratégie de reprofilage repousse les remboursements vers 2028 et 2029. Elle préserve la trésorerie de l’État à court terme. La Centrafrique avait déjà utilisé cette méthode en septembre 2024, avec un taux de souscription d’environ 80% pour un objectif de 25 milliards de FCFA (environ 42,8 millions USD).
Le marché reste exigeant. Le 14 septembre 2026, la Centrafrique n’avait mobilisé que 12,71 milliards de FCFA (près de 22 millions USD) sur les 27,5 milliards de FCFA (environ 47 millions USD) recherchés, soit 46,2%. Ce résultat laisse un besoin de financement important à quelques semaines de la clôture de l’exercice.
Une dette qui s’alourdit
L’endettement de Bangui sur le marché régional progresse vite. Selon la BEAC, « l’encours des titres publics centrafricains atteignait 462,34 milliards de FCFA (environ 790,4 millions USD) fin juillet 2026, en hausse de près de 39% en glissement annuel ». Les investisseurs camerounais détiennent 316,5 milliards de FCFA (environ 541 millions USD), soit environ 68,5% du total. « Cette concentration expose Bangui à tout changement d’humeur de son voisin », souligne un analyste économique camerounais.
Les arriérés aggravent le tableau. Ils atteignent 173 milliards de FCFA (environ 296 millions USD) à fin juin 2026. Ce qui représente 15,2% d’une dette publique de 1.136,53 milliards de FCFA (près de 2 milliards USD).
Les résultats de l’opération diront si les investisseurs ont changé d’avis. Un nouveau score faible obligerait le Trésor à chercher d’autres leviers avant décembre. Un taux de couverture élevé, en revanche, validerait sa stratégie de reprofilage.

