Le nouveau gouvernement marocain est officiellement constitué. Nommée à la tête de l’exécutif par le roi Mohammed VI, Fatima Ezzahra El Mansouri a vu son équipe prendre forme à l’issue des consultations politiques engagées après les élections législatives du 23 septembre 2026. La cérémonie de nomination des membres du gouvernement s’est tenue le 16 octobre 2026 au Palais royal de Rabat.
Sur le plan politique, la nouvelle majorité réunit quatre formations : le Parti Authenticité et Modernité (PAM), l’Istiqlal, l’Union socialiste des forces populaires (USFP) et le Parti du progrès et du socialisme (PPS). Cette coalition, qui totalise 207 sièges sur les 395 de la Chambre des représentants, marque une évolution par rapport à la précédente législature, avec la sortie du Rassemblement national des indépendants (RNI), qui dirigeait le gouvernement sous Aziz Akhannouch.
Des figures reconduites, de nouveaux visages aux commandes
La composition du nouvel exécutif fait apparaître un équilibre entre continuité institutionnelle et renouvellement. Plusieurs responsables conservent leurs fonctions, notamment Abdelouafi Laftit à l’Intérieur, Nasser Bourita aux Affaires étrangères et Abdellatif Ouahbi à la Justice. Nizar Baraka reste également à la tête du département de l’Équipement et de l’Eau, tandis que Ryad Mezzour conserve le portefeuille de l’Industrie et du Commerce. Cette continuité concerne des secteurs stratégiques pour la stabilité institutionnelle, les relations extérieures et le développement économique.
Le changement le plus notable concerne toutefois le ministère de l’Économie et des Finances, confié à Fouzi Lekjaa. Jusqu’ici ministre délégué chargé du Budget, le président de la Fédération royale marocaine de football accède à la tête d’un département central dans la conduite des politiques publiques. Sa nomination intervient alors que le Royaume doit poursuivre ses investissements dans les infrastructures, préparer la Coupe du monde 2030 et répondre aux attentes en matière d’emploi, de pouvoir d’achat et de services publics.
L’équipe comprend également de nouveaux responsables dans plusieurs départements ministériels, notamment l’Éducation nationale, la Santé, l’Agriculture et la Transition énergétique. Ces changements traduisent une recomposition des responsabilités au sein de l’appareil gouvernemental, alors que les questions de souveraineté alimentaire, de capital humain et de compétitivité industrielle occupent une place croissante dans l’agenda économique du pays.
Un exécutif attendu sur les résultats économiques
Au-delà des nominations, le principal enjeu réside désormais dans la capacité du nouvel exécutif à transformer ses orientations en résultats. Le gouvernement devra accompagner la dynamique d’investissement, renforcer les capacités productives de l’économie et améliorer les conditions de vie des ménages. La préparation des grands projets liés à l’échéance de 2030 constitue également un chantier majeur, avec des retombées attendues sur les infrastructures, le tourisme, les transports et les services.
La nouvelle majorité a affiché son ambition de consolider la bonne gouvernance, la justice sociale et l’équité territoriale, tout en renforçant l’appareil productif national. Reste à traduire ces objectifs dans un programme gouvernemental cohérent, assorti de priorités budgétaires et de mécanismes d’évaluation.
Pour Fatima Ezzahra El Mansouri, première femme à diriger le gouvernement marocain, l’enjeu est double : installer une nouvelle dynamique politique et apporter des réponses concrètes aux défis économiques et sociaux. La composition de l’équipe constitue une première étape. Sa capacité à produire des résultats mesurables sera déterminante pour la suite du mandat.

