La 129e réunion du Comité de politique monétaire (CPM) de la Banque du Ghana s’est ouverte, le 15 mars, sur le constat d’une performance macroéconomique exceptionnelle. Sous la direction du gouverneur, le Dr Johnson Pandit Asiama, les données indiquent que l’inflation globale a chuté à 3,3 % en glissement annuel en février 2026. Ce chiffre marque non seulement une désinflation ininterrompue depuis plus d’un an, mais il place surtout le pays en dessous de la limite inférieure de la fourchette cible à moyen terme de la banque centrale. Cette réussite, longtemps jugée difficilement atteignable, témoigne d’une stabilisation rigoureuse des fondamentaux économiques internes.
L’indice des prix à la consommation a ainsi enregistré un net repli, largement favorisé par la dynamique du secteur des transports. Pilier essentiel de l’économie, celui-ci a évolué en zone de déflation pendant plusieurs mois, agissant comme un ancrage puissant contre les pressions inflationnistes. En réduisant les coûts logistiques et de distribution, la baisse des tarifs de transport a contribué à modérer les prix des biens de consommation courante, offrant à la Banque du Ghana une marge de manœuvre inédite pour soutenir la croissance nationale.
Malgré ces indicateurs domestiques au vert, le CPM doit composer avec un environnement extérieur de plus en plus volatil. Le Dr Asiama a souligné que la récente flambée des prix mondiaux du pétrole constitue désormais le principal risque exogène pour la trajectoire désinflationniste du Ghana. L’énergie étant un intrant majeur, toute hausse prolongée des cours du brut menace de se répercuter mécaniquement sur les coûts de production et de transport, au risque d’inverser la tendance baissière observée depuis douze mois et d’éroder le pouvoir d’achat des ménages.
L’enjeu de cette session réside donc dans la recherche d’un équilibre entre le maintien d’une politique de soutien à l’économie et la nécessité de prévenir une résurgence de l’inflation importée. La Banque du Ghana se trouve à la croisée des chemins : si les gains de désinflation sont réels et solides, la dégradation des perspectives énergétiques mondiales impose une vigilance accrue. Le Comité devra déterminer si les outils monétaires actuels sont suffisants pour absorber un éventuel choc pétrolier sans compromettre la stabilité des prix, qui constitue aujourd’hui l’un des principaux atouts du pays.

