Tiers détention: Le britannique DRUM essuie deux gros scandales au Liberia et en Turquie

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Les deux affaires se sont propagées à la vitesse du son dans les milieux du trading des matières premières, de l’assurance export, des banques internationales et locales et sur les places de Genève et Dubai.
Au centre de la manoeuvre, deux hommes. D’abord Anwar Ezedine, consul honoraire du Liban à Monrovia et, surtout, grand importateur de riz à travers United Commodities Inc(UCI). Il y a ensuite Andrew Barr-Sim (photo), directeur général de DRUM Commodities, qui gère ses bonnes affaires à distance, en confondant parfois le riz avec le sucre, son produit de prédilection.

Au Liberia, le deal conclu entre les deux hommes d’affaires  était aussi simple que rentable. Anwar Ezedine s’approvisionnait du riz mis à disposition à travers des magasins gérés par des tiers détenteurs. L’un de ces collateral manager, DRUM en l’occurrence, d’origine britannique, se faisait passer pour un connaisseur de l’Afrique où il y tient des bureaux virtuels, opérant via des valises remplies de certificats de tiers détention.
Selon les informations en notre possession, Anwar Ezedine (aux abonnès absents) aurait réussi à se faire délivrer du riz dans les magasins des tiers détenteurs sans verser contre relâche le cash à la banque.

Il s’agit d’une grosse faille dans le contrat de tiers détention lequel, nous le disions dans notre dossier spécial consacré au sujet dans Financial Afrik (voir www.financialafrik.com),  n’est pas un certificat d’entreposage mais un instrument financier en puissance.
Le britannique DRUM aurait perdu 22 millions de dollars dans l’incident signalé au Liberia et 12 millions de dollars dans le charbon en Turquie. Les deux affaires concomittentes  révèlent plusieurs failles et zones d’ombres dans la façon de faire de la maison anglaise.

Comment DRUM a-t-il relâché du riz sous tiers détention sans avoir obtenu la relâche auprès de la banque? Au delà du scandale, c’est tout le système  «light cost» du tiers détenteur britannique qu’il faudrait revoir.
Signalons que par le passé, les SGS, Bureau Veritas, Cotecna et bien d’autres ont fermé leurs départements Tiers détention avec des pertes douloureuse dues souvent à la prétention de l’efficacité de la gestion virtuelle de l’Afrique. Comment donc DRUM, sans système et sans procédures, a-t-il pu convaincre des gens sérieux et des banques réputées soucieuses  ? Comment prétendre gérer le risque de tiers détention au Liberia et en Turquie depuis Londres et à moindre coût?
Morale de l’histoire, le tiers détenteurs, tenu de gérer la cargaison pour le compte de la banque, du début à la fin de l’opération, ne peut pas s’exercer sans coûts, sans frais et sans employés.

2 Commentaires

  1. Comment pouvez dire que le tiers en détenteur en question ne disposent d’aucune procédure. Pour le peu que j’ai vu pendant ces cinq dernières années, l’entreprise DRUM dispose d’une procédure très stricte mais meilleures que celles cités haut. Il est vrai qu’il y a eu faille dans le système, due principalement à l’isolement du Liberia pendant la crise d’Ebola, d’où la visibilité à cette époque était très limité. Je crois qu’avant de faire des pareils, Mr Adam Wade devrait enquérir ses informations. Tout système a des failles, et la fiabilité de tout système repose sur l’exécution rigoureuse de ses protocoles, plus encore sur l’efficacité et l’intégrité des exécutants.

    • Cher monsieur
      Merci de votre intérêt. L’article en question traite d’une affaire occasionnée par une grosse faille dans la procédure. Nous avions d’ailleurs essayé de rentrer en contact avec Andrew Barr-Sim,aux abonnés absents.

      Adama Wade

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