Sans grande surprise, les ministres des finances de la zone franc n’ont pas évoqué le débat enflé autour de la monnaie polémiste d’Afrique du centre et de l’ouest. Du moins, officiellement pas. « On n’en a pas parlé », confirme le Sénégalais Amadou Bâ.

En effet, selon les explications du ministre des finances du Sénégal (deuxième économie de l’Uemoa après la Côte d’ivoire), le sujet n’était pas à l’ordre du jour. Les grands équilibres budgétaires et financiers des pays, les moyens d’augmenter les recettes fiscales et le réendettement rapide ont plutôt meublé les échanges.

« Il y a un débat qui a cours, nous n’en avons pas parlé et nous n’avons pas évoqué les questions de parité », poursuit Amadou Bâ qui conclut: « c’est le statu quo pour encore longtemps ».

Monnaie commune à 14 Etats souverains d’Afrique de l’ouest et du centre, le franc CFA, autrefois défini comme le franc des colonies françaises d’Afrique est la cible de critiques acerbes visant à réviser les accords d’arrimage et de parité avec l’euro et/ou abandonner une devise jusque-là jugée coloniale, par ailleurs relativement forte et surévaluée par rapport aux structures des économies des pays. Par contre, ses chantres défendent un instrument gage de stabilité économique, voire de croissance, arguant du maintien de croissance en zone Uemoa, et des prévisions de plus de 6% à l’horizon 2020.

 

Par Nephthali Messanh Ledy