Après cinq année d’exploitation, la mine de manganèse de Lauzoua va enregistrer un tournant avec de nouveaux investissements annoncés par la firme chinoise CGM (China National Geological & Mining Corp) principal actionnaire de CML (Compagnie minière du Littoral), la société opérant sur la mine. Ce sont en effet 16 milliards FCFA d’investissements, soit 24,4 millions d’euros, qui sont programmés dans le cadre du développement du site situé dans la localité de Lauzoua, à environ 300 kilomètres à l’ouest d’Abidjan, dans le département de Guitry.

La nouvelle a été donnée par Zheng Yuanmen directeur général de CML à la faveur de la signature d’une convention minière ce 4 octobre avec l’Etat ivoirien portant les conditions d’exploitation du site minier.

Après la première phase de développement qui a consisté à l’extraction de minerais brut, avec un volume de 300 000 tonnes par an exporté par voie terrestre vers le port d’Abidjan, CML finalise la seconde phase de son projet de mise en valeur. 2 milliards FCFA, soit un peu plus de 3 millions d’euros, ont été investis pour la construction d’une usine d’enrichissement du concentré du minerai de manganèse qui sera opérationnel dans les toutes prochaines semaines.

« Cette usine (…) permettra de traiter les basses teneurs qui jusque-là n’avaient aucune valeur marchande et d’avoir une production additionnelle de 200 000 tonnes par an », portant la production globale à « 500 000 tonnes de minerai marchand par an », s’est félicité le ministre de l’Industrie et des Mines, Jean-Claude Brou. L’unité industrielle va générer 100 nouveaux emplois, en plus des 292 actuellement enregistrés.

Une autre phase de « développement stratégique » va ensuite suivre en deux étapes. Une ligne de transport maritime sera mise en place, via l’acquisition d’une barge, pour rallier la mine, proche de la côte, au port d’Abidjan. « Le projet se mettra en place dans un an tout au plus » a confié à Financial Afrik Alain Tapé, directeur commercial et logistique de CML. Ensuite à terme, la société prévoit la construction d’une usine de transformation du concentré de manganèse en ferromanganèse, le matériau utilisable par l’industrie métallurgique. « L’investissement global attendu pour ces deux projets est estimé à un plus de 14 milliards FCFA (soit 21,3 millions d’euros, ndlr), dont le financement emporte le vif intérêt de nos partenaires internationaux » a rassuré Zheng Yuanmen.

Stabilité fiscale

Pour le ministre Jean-Claude Brou qui représentait l’Etat ivoirien à cette signature de convention, ces investissements viennent démontrer la viabilité de l’environnement des affaires en Côte d’Ivoire qui vise à « rassurer l’ensemble des opérateurs des secteurs minier et industriel quant à l’avenir prometteur de leurs investissements ».

Il a voulu pour preuve la convention qui a pour objectif de garantir à CML une « une stabilité fiscale pendant la durée de vie de l’exploitation, tout en assurant à l’Etat de Côte d’Ivoire des recettes justes ». En outre, cette convention permettra la mise en place d’un fonds de développement communautaire, dans le cadre des responsabilités sociétales de l’entreprise, conformément aux dispositions du Code minier, ainsi que la création d’un Fonds séquestre destiné à la gestion des impacts environnementaux, une fois l’exploitation de la mine achevée.

Les réserves globales du gisement de Lauzoua sont évaluées à environ 3,2 millions de tonnes de minerai de manganèse avec une teneur oscillant entre 37 et 24%. La durée d’exploitation initialement prévue sur 10 ans devrait être rallongés de plusieurs grâce aux activités intensives de recherche en cours le site.