En juillet 2017,  se tenait à Dakar un séminaire sur les produits d’assurance-vie en unités de compte. L’événement a regroupé des assureurs, des asset managers et des banquiers. Des groupes de renom comme Sunu, NSIA et BRM Asset Management ont marqué le séminaire de leur présence. Après l’édition dakaroise, ce sera au tour de Douala, capitale économique du Cameroun, d’accueillir une rencontre sur le sujet à l’instigation du groupe Activa. En prélude, Financial Afrik s’est entretenu avec Abdou Cissé, directeur de Cisco Consulting, à l’origine de ces cycles de séminaires.  

 

Comment décrire brièvement les produits d’assurance vie en unités de compte ?

Les Produits classiques d’épargne en assurance vie représentent un placement qui garantit un taux d’intérêt annuel fixe (3.5% au maximum souvent en Afrique) ; ce sont des produits mono support en Franc CFA.  Les produits d’assurance vie en unités de compte (UC), appelés aussi produits à capital variable, offrent la possibilité de souscrire des contrats qui n’ont pas pour seule référence le support en franc, mais aussi d’autres unités de compte qui peuvent être des parts ou des actions de valeurs mobilières ou immobilières (Sicav, actions, obligations, parts de fonds commun de placement (FCP), parts de SCI, parts de SCPI). Ils sont intitulés produits multi supports lorsqu’ils offrent une possibilité d’investir les primes d’assurance à la fois sur un support en Franc CFA et sur des unités de compte (un investissement diversifié sur les marchés financiers).

Ces contrats d’assurance vie en unités de compte peuvent être souscrits dans le cadre d’une épargne individuelle ou collective, ou d’un plan d’épargne soumis à des conditions de souscription et à une fiscalité spécifique. Les cotisations versées par l’assuré sont réparties entre les supports ou compartiments, en unités de compte et/ou en Franc. Les contrats multi supports présentent l’avantage de laisser le choix à l’épargnant dans un même contrat, de diversifier et de moduler son épargne. Ils offrent aux épargnants des possibilités de rendements qui peuvent être très élevés, contrairement aux contrats d’assurance vie classiques.

 

Les cotisations de l’assuré qui sont investies en bourses présentent ainsi un risque réel ?

Le risque est réel mais il peut être concrètement limité. En effet, pour mieux commercialiser les produits en UC, l’assureur peut proposer à l’assuré une garantie supplémentaire au contrat (PLANCHER, CLIQUET, INDEXEE ou FORFAITAIRE), en cas de décès ou en cas de vie sous certaines conditions de souscription.

  • Pour une garantie Plancher, le capital versé au dénouement du contrat ne peut être inférieur à la somme des cotisations nettes de frais (de gestion et d’acquisition), non encore rachetées.
  • Pour une garantie Cliquet, le capital versé ne peut être inférieur à la somme des cotisations nettes non encore rachetées, cliqueté au plus haut de l’épargne du contrat
  • Pour une garantie Indexée, le capital versé ne peut être inférieur à la somme des cotisations nettes non encore rachetées, indexé à un taux d’évolution annuel.
  • Pour une garantie Forfaitaire, le capital versé ne peut être inférieur à un montant forfaitaire.

 

Quelles sont les opportunités offertes par ces contrats en UC aux marchés africains

Le continent africain doit regarder le métier d’assurance comme un vecteur directeur de ses futures évolutions économiques, sociales et financières.

Dans un contexte économique marqué par des assurances et des banques de développement en rythme de progression très faible, le challenge à l’échelle africaine pourra trouver du répondant à travers la commercialisation de tels produits. Ainsi, mettre en place des plateformes de collaboration par une action conjointe de l’assurance et de la finance, en vue de répondre à des impératifs stratégiques d’innovations et d’exploitations de nouveaux créneaux, me semble nécessaire aux évolutions économiques. Cette réflexion fait suite à de nombreuses constatations sur le continent :

–          La faiblesse du niveau de taux de pénétration de l’assurance

–          La faiblesse du taux de bancarisation des agents économiques

–          La faible contribution des secteurs de l’assurance et de la banque au PIB de nos Etats

–          Les risques élevés en dépit du potentiel extrêmement important

–          L’absence d’une approche institutionnelle de la gestion des risques

–          L’absence d’une démarche concertée, systématique et continue entre assureurs et banquiers dans la recherche de solutions pour transformer et réduire les risques.

 

 

 

Comment quantifier la contribution des produits en UC aux évolutions économiques  

– Ils vont doper l’épargne individuelle et collective par l’investissement des agents économiques sur des supports destinés à développer les petites et moyennes entreprises africaines, en participant au dynamisme de nos marchés financiers, en incitant l’informel à intégrer un système financier et en permettant aux Etats de fiscaliser l’ensemble des activités économiques. Les produits en UC offriront des avantages commerciaux aux assureurs et apporteront des solutions à la retraite complémentaire des africains. Sans oublier leur capacité à impliquer les ETATS dans l’activité de l’assurance.

 

Un Exemple concret ?

Prenons un exemple sur le Cameroun : plusieurs ressortissants des autres régions du pays viennent travailler à Douala ou Yaoundé ; si les assureurs leur proposent des contrats en UC adossés à un fonds commun de placement destiné à la réalisation des infrastructures reliant les deux capitales à leurs régions, les camerounais se sentiront très concernés par les projets et investiront massivement. Le marché aura créé ainsi des produits qui parlent aux africains.

 

 


Fiche du séminaire de Douala

SEMINAIRE DE BANCASSURANCE ET ASSURBANQUE
PRODUITS D’ASSURANCE VIE EN UNITES DE COMPTE
CONCEPTION-DEVELOPPEMENT-INVENTAIRE-GESTION FINANCIERE
DU 09 au 12 OCTOBRE 2017, HOTEL PRINCE DE GALLES A DOUALA
         CISCO²NSULTING              
  • Séminaire animé par Abdou CISSE ACTUAIRE ENSAE,
  • EXPERT en Mathématiques Appliquées-Actuariat-Finance-Informatique de gestion // DG du cabinet CISCO CONSULTING (Conseil audit et services en Actuariat-Finance-Organisation dédiés à l’Afrique)
  • Parrain de l’Association des Actuaires Africains de PARIS