Dans une interview exclusive accordée à Financial Afrik, le directeur général de l’Office National des Pétroles de Guinée (ONAP) appelle à l’intensification de l’exploration pétrolière.  Certes, affirme  Diakaria Koulibaly,   les opérations de forage off-shore sur le puits Fatala par le consortium pétrolier Hyperdynamics- Sapetro se sont avérées infructueuses.  Mais, poursuit-il, il ne s’agit que d’un puits qui ne reflète guère le potentiel du pays. Et d’insister sur la nécessité  pour la Guinée de dynamiser ses activités de recherche pétrolière et d’accélérer le processus d’octroi des licences pour rattraper son retard dans ce domaine.

« Nous avons beaucoup d’indices qui nous permettent de dire qu’un jour la découverte sera faite en Guinée.  Au stade actuel, l’on ne peut pas dire que ce sera forcément  sur le puits Fatala. L’on ne peut non plus dire que  ce sera forcément en 2017 . Mais, sur la la base des informations concordantes, des indices que nous avons en notre possession, on est certain aujourd’hui qu’il y a du pétrole dans notre sous-sol »,  a rassuré Diakaria Koulibaly.

Le haut cadre justifie cet optimisme par le fait que la Guinée partage le même plateau continental avec la Mauritanie et  le Sénégal, deux pays qui ont découvert le brut. Estimant que si ces pays-là sont parvenus à ce stade-là, ce n’est autre chose que par l’intensification des activités de recherche pétrolière. « Des pays comme le Sénégal, la Mauritanie ont dépassé les vingtaines de puits pétroliers, alors que la Guinée depuis l’indépendance n’en est qu’à trois.  Fatala va être le troisième puits; donc c’est un des facteurs explicatifs que justifie le retard de la Guinée dans ce domaine. Cela ne voudrait pas dire que le plateau continental guinéen n’est pas riche en hydrocarbures, il suffit tout simplement de dynamiser la recherche et faire autant de puits que les autres pour escompter les mêmes succès » a interpelé le DG de l’ONAP.

L’autre indice, selon M. Koulibalu, c’est le fait que les premiers puits qui ont été creusé  en 1977 et 2012 ont fourni des informations capitales.  «Parce que chaque puits en géologie porte un lot d’informations  nécessaires à la continuité de la recherche dans un pays. Le premier puits qui a été fait en 77 était sec et a établi, ce qui était une très bonne nouvelle, qu’en Guinée il y a les roches sédimentaires. C’est  à dire que vous pouvez avoir les côtes, mais si vous n’avez pas les roches sédimentaires qui sont les roches-mères du pétrole, celles qui génèrent le pétrole, la probabilité est faible de découvrir le pétrole »

Le premier puits a, d’après Diakaria koulibaly, mis en relief l’existence des roches sédimentaires en Guinée.  «Depuis le forage de ce puits en 1977, on savait désormais qu’il y a la chance de découvrir le pétrole en Guinée. “Il  fallait donc affiner les acquisitions sismiques qui permettent à travers les appareillages, les ondes sonores, etc… d’apprécier la potentialité en hydrocarbures d’un plateau ; il a été donc établi à cette époque qu’on a dans notre sous-sol les roches-mères des hydrocarbures et le puits qui a été fait en 2012 a eu aussi l’avantage d’établir qu’il y’ avait du pétrole, mais que la structure, le piège qui devait le retenir, était défaillant et n’a pas pu constituer un bon réservoir pour retenir le pétrole et ce dernier a migré ».

Ce sont toutes ces informations, à  en en croire le patron de l’ONAP,  qui ont aidé à assoir la conviction des spécialistes et des autorités qu’il y a une chance de découvrir le pétrole en Guinée. Mais, précise-t-il, cela n’est désormais qu’une question de temps, et le support de tout cela, c’est également l’intensification de la recherche.

L’annonce il y a une semaine par l’ONAP des résultats infructueux de l’opération de forage sur le puits FATALA a quelque peu baissé l’engouement des Guinéens pour le projet.  R este à savoir si les partenaires Hyperdynamics- Sapetro disposent toujours des ressources pour poursuivre l’exploration.


Mamadou Aliou Diallo pour Financial Afrik