Vendredi 8 septembre, à la mi-journée, le gouvernement du Tchad qui entendait mobiliser 3710,88 milliards FCFA (environ 5,7 milliards d’euros) pour financer le gap prévisionnel de son PND 2017-2021, a annoncé avoir reçu environ 10 000 milliards FCFA (environ 15 milliards d’euros) d’intentions de financement par les «bailleurs de fonds, partenaires techniques et financiers ainsi que les pays amis» lors d’une table ronde à Paris. 

Cette information est donnée par un communiqué préliminaire de la Présidence de la République tchadienne, qui ne précise toutefois pas encore les détails de ces intentions de financement. Et aussi il faut comprendre que « intention de financement » ne veut pas dire obligatoirement une promesse de financement. Après la précédente table ronde de 2014, le Tchad a déploré que les fonds annoncés n’ont pas été débloqués.

Mais, pour les promesses et les dons, les  premiers calculs montrent qu’Idriss Déby, dont les opposants avaient été maintenus à bonne distance du palace parisien, va rentrer à N’Djamena avec un résultat en demi-teinte.

  • France apportera 223 millions d’euros au plan de développement;
  • Union européenne, de loin le premier contributeur bilatéral, s’est engagée à verser 925 millions d’euros en dons;
  • Banque mondiale, promesse de prêts de 1 milliard de dollars (environ 831 millions d’euros);
  • Banque africaine de développement, promesse de prêts de 540 millions de dollars (environ 449 millions d’euros);
  • Banque islamique de développement, les différents fonds d’investissements des pays du Golfe, celui de l’OPEP et la Banque arabe pour le développement économique de l’Afrique (Badea) ont promis de prêter au Tchad 1,8 milliard de dollars (environ 1,496 millards d’euros).
  • Idriss Déby a recueilli les fruits de son engagement avec l’Arabie saoudite contre le Qatar. 

Au total, le Tchad récolte 3,924 milliards d’euros de promesses de financement annoncées par les bailleurs de fonds, partenaires techniques et financiers ainsi que les pays amis. Il manque donc un peu plus de 1,8 milliards d’euros pour atteindre l’objectif visé par le gouvernement tchadien.

Idriss Déby, présent à Paris pour l’événement organisé en grande pompe à l’Hôtel Méridien Étoile n’avait pas manqué d’en rappeler les enjeux : «Le Tchad est le verrou du Sahel. Le soutenir est dans l’intérêt du continent et de la communauté internationale» et «quand on me dit que ce que je fais, c’est bien, je dis que cela n’est pas suffisant, donner c’est mieux». 

Mais l’homme qui tient le Tchad d’une main de fer depuis 27 ans a dû écouter sans broncher les appels à plus de démocratie et au respect de la liberté d’expression de l’Union européenne, de l’Allemagne et du représentant spécial des Nations unies, François Lounceny Fall.

En coulisse, certains bailleurs s’agaçaient de ce que la seule session supprimée de cette table ronde de deux jours fût celle consacrée au «dispositif de suivi et d’évaluation de la mise en œuvre du plan». «Si les réformes ne sont pas mises en œuvre, cet argent n’aura produit que de nouvelles dettes pour les futures générations», met en garde l’un d’entre eux.