Bloomfield Investment Corporation vient d’attribuer  à  la Côte d’Ivoire une note de « A- »  avec perspective stable sur le long terme et « A2 » avec perspective stable sur le court terme. A la différence des agences internationales qui procèdent  par scoring et appréciation en devises, Bloomfield fonde son évaluation en monnaie locale (FCFA). L’analyse de l’agence panafricaine fait donc abstraction du risque de change et précède  la capacité souveraine de remboursement en devises par  celle, plus directe,  de remboursement en monnaie locale.   

 

S’agissant de la notation attribuée,  à plusieurs crans au dessus de l’investment grade, elle traduit la solidité de l’économie de la  Côte d’Ivoire, la qualité de son programme de développement et la maîtrise des équilibres macroéconomiques.    La notation A- sur le long terme exprime une  qualité de crédit élevée et des facteurs de protection bons. ” Cependant, les facteurs de risques sont plus variables et plus importants en période de pression économique”, détaille le rapport. Quoique les besoins de financement en cours puissent accroître les exigences totales de financement, l’accès aux marchés des capitaux est bon. Les facteurs de risque sont minimes.

 

Les facteurs qui militent pour le renforcement de la notation sont les suivants:

-Une croissance économique toujours importante ;

-Des initiatives pour renforcer la bonne gouvernance ;

-Une progression des recettes fiscales, soutenue par des réformes en cours ainsi que l’élargissement de l’assiette d’imposition ;

-Une gestion active de la dette et de la trésorerie de l’Etat, qui permet d’anticiper les périodes de tensions ;

-Un endettement soutenable ;

-Le maintien de la flexibilité financière sur les marchés domestique et international.

 

A l’inverse, les facteurs suivants fragilisent la note de la Côte d’Ivoire:

-Une dette qui reste fortement exposée au risque de change sur le dollar US ;

-Une capacité d’absorption à améliorer ;

-La dégradation du déficit budgétaire ;

-Le faible impact qualitatif des dépenses d’éducation ;

– Une situation socio-politique et sécuritaire toujours fragile.

 

Locomotive de la zone CFA (40% du PIB et 50% de la masse monétaire en circulation), la Côte d’Ivoire s’est dotée d’une Haute Autorité pour la Bonne Gouvernance (HABG) en 2013. Toutefois, il faut noter qu’elle fait face à des contraintes qui pourraient réduire son efficacité. Une Cour des Comptes a été également créée en 2015, avec des attributions juridictionnelles de contrôle et de consultation. La création de ces différentes entités est de nature à poser les fondations d’une société transparente, par une meilleure responsabilisation des acteurs publics. L’efficacité de celles-ci devra être démontrée dans le temps.

Si le taux de croissance demeure important et devrait se situer à 8,5% en 2017  et 8,3% en 2018,  soutenu par la bonne tenue de l’ensemble des secteurs d’activité, avec des dynamiques plus importantes, notamment au niveau des secteurs du BTP, de l’énergie, du commerce et des services, il reste contraint par un climat social tendu. La fin de l’année 2016 ainsi que le premier semestre de l’année 2017 ont été marqués par des crises sociales importantes, qui ont paralysé l’activité économique, tout en renvoyant de mauvais signaux tant aux populations qu’aux investisseurs. Elles ont été occasionnées par les grèves des fonctionnaires et la mutinerie de certains ex rebelles (dénommés « les 8 400 ») intégrés à l’armée nationale. D’où l’importance du facteur de la stabilité sociale qui vient s’ajouter et renforcer la stabilité macroéconomique. Autant d’enjeux à suivre  à moyen et long terme.