Alors que la Guinée à l’instar de la Sierra Léone meurtrie par le drame de Freetown, vient d’enregistrer 9 victimes à cause de l’éboulement d’une décharge publique sur des habitations en banlieue de Conakry, le président Condé a, le même jour, limogé son ministre des Pêches, de l’Aquaculture et de l’Économie Maritime et celui des affaires étrangères et des Guinéens de l’étranger.

Ce mini remaniement aux allures d’avertissement aux membres de son gouvernement est un parfait contre-pied dont lui seul a le secret.  Si certains hommes politiques comme le député uninominal de l’UFDG Ousmane Gaoual a vivement réagi sur les réseaux sociaux pour critiquer ce décret, estimant que les seuls qu’il fallait limoger hier soir, ce sont les ministres de l’habitat, de l’administration et le gouverneur de Conakry en faisant référence au drame qui s’est produit, le président en a profité lui pour dégommer deux de ses ministres pour manque de résultats.

Selon plusieurs sources, la mauvaise gestion de l’octroi des licences de pêche et les faiblesses dans le ravitaillement du marché guinéen en poisson sont parmi les reproches formulées à l’encontre d’André Loua qui a été remplacé par Fréderic Loua, le Directeur général de la Caisse de prévoyance sociale.

Inscrite en 2013 par l’union européenne sur la liste des pays tiers non-coopérant en matière de lutte contre la pêche illicite non légale et non  réglementaire (INN), la Guinée a été retiré de cette ‘’Black List’’  et a été déclarée pays conforme en  octobre 2010 ; cependant l’octroi de nouvelles licences à des bateaux battants pavillons chinois a provoqué en décembre 2016 une vive réaction des femmes mareyeuses à Conakry, accusant le ministre des pêches d’ouvrir la voie à une concurrence déloyale et au monopole des chinois.

Dans le cadre de son expédition  baptisée « Espoir en Afrique de l’Ouest » menée en avril 2017 dans les eaux ouest-africaines contre la pêche INN,  l’ONG écologique Greenpeace internationale avait dressé un rapport accablant sur les activités de pêche au large de Conakry, a l’issue de ses sorties en haute mer. La plupart des navires arraisonnés pour activités de pêche illégale étaient justement de nationalité chinoise.