Le président Gabonais a confirmé ce mercredi, la formation prochaine d’un nouveau gouvernement attendu depuis mai 2017. L’annonce intervient dans un contexte économique morose, marquée par la chute des recettes budgétaires.

« J’ai instruit le premier ministre, chef du gouvernement, à mettre immédiatement au travail le gouvernement qui sera formé dans les tous prochains jours, conformément aux conclusions du dialogue politique », a-t-il déclaré dans son discours à la nation, à l’occasion du 57e anniversaire de l’accession du pays à la souveraineté internationale. « Le temps est plus que jamais à l’action », insiste-t-il.

Pour Ali Bongo Ondimba, qui dit avoir conscience des difficultés des gabonais, cette action « devra nécessairement s’affranchir des intérêts catégoriels, qui s’illustrent de façon négative dans notre administration ».

En effet, explique-t-il, beaucoup trop de mouvements sociaux, intempestifs et pas souvent justifiés, mettent à mal les « efforts de développement et de construction d’une économie qui résiste aux soubresauts de la mondialisation ». Le chômage reste important notamment chez les jeunes (46 % des moins de 25 ans sont sans emploi), avec un taux de pauvreté estimé à 34,3 % selon un récent rapport de la BAD.

 

Réduire le train de vie de l’Etat

Pour le chef de l’État gabonais, « de nombreux compatriotes n’ont pas suffisamment pris conscience de l’extrême dureté de la crise qui affecte notre économie ». Ainsi, pour réussir la mise en œuvre du plan de relance approuvé le 18 juin dernier par le Fonds monétaire international (FMI), Ali Bongo Ondimba compte bien « modifier les habitudes », voire « réduire le train de vie de l’Etat ».

« Aucune Administration ne devrait désormais être exonérée de l’effort collectif », souligne le président dont la réélection reste contestée depuis août 2016 par Jean Ping, leader de l’opposition gabonaise. Et d’appeler à plus de détermination pour accélérer « le rythme des réformes pour davantage de résultats ».

Frappée par la chute des prix des matières premières, le Gabon doit faire face au ralentissement de sa croissance économique, à l’augmentation de son niveau d’endettement et à l’insuffisance des marges de manœuvre budgétaire et extérieure. Son plan de relance – soutenu par le FMI à hauteur d’environ 642 millions de dollars –  vise, entre autres, à assurer la stabilité macroéconomique et à relever un taux de croissance tombé à 2,1% en 2016, contre 3,9 % en 2015.