Le jeu de ping-pong qui entoure  le rachat de l’opérateur téléphonique Tigo par la plateforme digitale de services financiers Wari, rappelle le feuilleton du transfert de Neymar. Si ce transfert est considéré comme celui du siècle dans le monde du football, l’on peut dire que le dossier Tigo-Wari est de loin la transaction qui regorge le plus de soubresauts  dans le milieu des télécoms.

 

Le dernier rebondissement en date est le décret présidentiel signé par le Chef de l’Etat du Sénégal, mercredi 02 août. Le document approuve  en son article premier la cession de la licence d’établissement et d’exploitation des réseaux  de télécommunications  ouverts au public  Sentel GSM SA (Tigo) à Wari SA.

 

Dans son deuxième article, le décret stipule que Wari est tenu de respecter l’ensemble des dispositions de la convention et du cahier de charges  signées par Sentel au moment de la cession en février  dernier.

 

Ainsi, dans le troisième et dernier article du décret, il est indiqué que le ministre  des finances et son homologue des télécommunications sont chargés de l’exécution du texte, chacun en ce qui le concerne.

 

Ce décret est tombé au moment où tout semble être  noir pour Wari et son PDG, Kabirou Mbodje, qui le 31 juillet dernier, a eu la surprise de voir dans les medias un communiqué de Millicom, la maison mère de Tigo, mettant fin à l’accord de vente de sa filiale. En effet, Millicom annonçait dans son communiqué avoir paraphé une nouvelle convention de vente avec un consortium composé de NJJ Holding, Sofima géré par le Groupe Axian et Teyliom Group, appartenant au sénégalais, Yerim Sow.

 

Mais, cette volonté de Millicom s’est heurtée à la niaque du boss de Wari qui voit en cela, une forfaiture qu’il n’a pas manqué de dénoncer dans une missive quelques heures après la décision du groupe de télécoms.

 

A ce stade, le gouvernement semble remettre la société de M.Mbodje sur de bons rails, en donnant son aval à cette cession. Car certaines sources révèlent que le Directeur Général de l’ARTP, M.Abdoul Karim SALL aurait été saisi pour casser le nouveau contrat entre Millicom et le consortium susnommé et laisser continuer le processus non bouclé de l’opération de cession conformément aux règles.