Nous visons à coter les entreprises de la sous-région à Kigali et attirer ainsi les investisseurs du continent et d’ailleurs

 

 

Entretien Pierre Célestin Rwabukumba, direteur de la Rwanda Stock Exchange

 

 

 

Quelles sont les tendances 2017 à la Rwanda Stock Exchange ? 


Les tendances 2017 s’annoncent mieux que celles de l’année passé. En 2016, le volume des transactions avait diminué et nous n’avons pas eu d’IPO.  Nous avions enregistré une croissance sur les instruments de la dette, notamment les bonds de Trésor. Pour cette année, les  indices sont en  hausse. Nous avons enregistré une IPO à la fin du premier trimestre avec la cession des participations de l’Etat dans I&M Bank, désormais en Bourse.  D’autres introductions en Bourse sont en cours de discussion. Nous avons également de nouveaux produits sur lesquels nous sommes entrain de travailler.  Cette année s’inscrit véritablement sous le signe de l’innovation avec de nouveaux produits dont  les ETF.   Nous lancerons très bientôt notre capital Market Master planning qui est un business plan de   10 ans sur le développement du marché des  capitaux au Rwanda.  C’est ainsi vue nous ferons apporterons notre contribution au développement et à la vision 2020-2050.


Quelles sont les grandes lignes de ce master plan ?

Les grandes lignes de ce programme sont axées sur les pipelines, donc les produits. Il s’agit aussi de renforcer la capacité des acteurs, des intermédiaires boursiers au grand public. Le programme prend aussi en compte les réformes réglementaires indispensables au marché.  Un accent particulier est mis sur  la technologie et l’innovation. Les  autres grandes lignes insistent sur la perspective régionale. Nous visons à coter les entreprises de la sous-région à Kigali et attirer ainsi les investisseurs du continent et d’ailleurs. Presque toutes nos entreprises sont des PME, d’où l’intérêt d’attirer une certaine catégorie d’investisseurs. Ces petites et moyennes  entreprises sont très souvent en manque de fonds, donc si nous créons des fonds communs de placement, nous aiderions à créer une jonction entre l’épargne populaire et l’entreprise. A ce titre, nous avons créé deux fonds commun de placement cette année en plus d’un autre l’année dernière. Le marché des capitaux a besoin d’un certain cadre et d’un certain équilibre. D’un côté, il  ne faut pas que l’offre soit supérieure à la demande. Le plan vise aussi à inciter des institutions gouvernementales et celles du secteur à embrasser cette culture des marchés de capitaux. Quand on parle de marché des capitaux aujourd’hui les gens pensent que c’est inaccessible. Non, c’est accessible à tout le monde.

 

Combien de rwandais investissent-ils en Bourse ?

En ce qui concerne les ménages, plus de 15.000 personnes ont déjà investi dans l’un des titres cotés en Bourse. Cela va venir  petit à petit. Nous  enregistrons une croissance de 20% chaque année. L’on remarque que les gens sont plus enclins à venir sur le marché primaire à l’occasion du lancement de nouveaux produits. L’un de nos défis sera d’animer le marché secondaire. Nous espérons donc qu’avec le master plan, nous relèverons nos niveaux de liquidité et d’animation du marché. Il faudra également instaurer une  politique de « Policy change » attractive.

 


Est-ce que le marché est liquide ?


Il est relativement liquide. Et nous espérons que ça va s’améliorer dans les années à venir.


F.A : Dernière question, depuis le départ en 2011 jusqu’à maintenant, comment la capitalisation boursière a-t-elle progressé?

Nous avons commencé à zéro et maintenant nous sommes à une capitalisation boursière de  3,4 milliards de dollars. Ce qui représente 40% du PIB du Rwanda. A un certain moment, nous avions dépassé les 50% du PIB. Ce qui n’est pas mal pour une petite bourse qui a démarré ses activités en 2011. Donc, nous devons continuer à avancer.

 

 

 

 


 

A propos de Pierre Célestin Rwabukumba

Formé  à la New York State University de Buffalo (Bachelor of Economics), Pierre Célestin Rwabukumba a démarré sa carrière dans le monde de la Finance comme courtier en bourse à Wall Street. Il revient en 2004 à Kigali et rejoint la Banque nationale du Rwanda qui lui confie la mission de créer de toutes pièces un marché des capitaux. Une tâche ardue et ambitieuse, mais 9 ans plus tard l’objectif a été pleinement atteint. Coordinateur duRwanda Stock Exchange, et à ce titre directeur opérationnel de l’institution, Pierre Célestin Rwabukumba  incarne la nouvelle vague du Rwanda, cosmopolite, bilingue et dynamique.

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