MTN Cameroun sort de son silence pour apporter des précisions concernant la décision de la BEAC (Banque des États de l’Afrique Centrale) d’interdire aux opérateurs de téléphonie mobile, de faire des transactions financières hors de la zone CEMAC.

S’exprimant le 6 juillet dernier, seulement quelques jours après la décision de la BEAC (mesure prise le 19 juin dernier), les responsables de MTN Cameroun indiquent que la BEAC ne s’adresse pas personnellement à MTN, mais à l’ensemble des banques de la zone Cemac.

« MTN n’émet pas du cash. Nous ne sommes pas émettrice de monnaie, parce que nous ne sommes pas une banque. Mais nous sommes les partenaires techniques d’une banque qu’on appelle Afriland First Bank. Et donc, lorsque le gouverneur de la Beac a écrit le 19 juin, il a pris une mesure conservatoire à l’endroit des banques de la sous-région qui ont, elles, un agrément en tant qu’établissement », a précisé Caroline Ekwalla, en charge de la conformité à MTN.

Pour Mme Ekwalla, la Beac mènera ses investigations mais se rendra compte que les sociétés de téléphonie mobile comme MTN agissent en toute légalité. « On s’est associés au plan international avec WorldRemit qui nous aide à faire les transferts à partir des pays en Occident. Ça signifie que les capitaux entrent et ne sortent pas, contrairement à la rumeur selon laquelle nous favorisons l’évasion des capitaux », a-t-elle rapporté.

Dans une correspondance datée du 19 juin 2017, Abbas Mahamat Tolli, gouverneur de la Banque, avait invité les dirigeants des banques en activité dans la zone CEMAC à «cesser toute opération de transfert de fonds à l’international dans le cadre des activités de monnaie électronique, par le canal de (leurs) partenaires techniques».

En fait au Cameroun, cette mesure vise directement MTN dont le partenaire bancaire sur le produit Mobile Money est la banque camerounaise Afriland First Bank. Ainsi, MTN permet à ses abonnés à ce service, d’effectuer des transferts d’argent vers 25 pays africains.