Ibrahim Mayaki, Secrétaire exécutif du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD).

 

 

Vertement critiquée par le président Alpha Condé qui en appelle à sa dissolution pour manque de résultats,  l’agence NEPAD ne devait pas rater son rendez-vous avec les bailleurs. Programmée le 6 juillet à Abidjan sous l’égide de la Banque Africaine de Développement, cette rencontre avec les donateurs (Canada, Royaume-Uni et Espagne) dans le cadre du Comité de Surveillance (CS) du Fonds Spécial du Mécanisme de Préparation de Projets d’Infrastructure du Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique (IPPF-NEPAD) a viré en un appel solennel plutôt qu’aux décaissements attendus. 

Selon le  rapport financier présenté à l’occasion au titre des 6 premiers mois de l’année 2017, les contributions au Fonds Spécial s’élèvent à 90,5 Millions de dollars presque entièrement  engagées dans la préparation de projets d’infrastructure régionaux en Afrique.

Fiore Pace, Président du CS et d’Affaires Mondiales Canada, s’exprimant au nom des autres donateurs, a affirmé « la nécessité d’augmenter les ressources compte tenu des demandes croissantes faites au Fonds Spécial par les Pays africains, les Communautés Economiques Régionales (CER) et le Système d’Echanges d’Energies Electriques (Power pools) ». Ces derniers étant, entre autres,  les principaux bénéficiaires du Mécanisme de préparation de projet. Il a, en outre, exhorté les autres donateurs à apporter un soutien financier supplémentaire au Fonds spécial de l’IPPF-NEPAD car il s’agit, selon, lui, « d’un bon investissement pour le continent ».

Prenant la parole, Pierre Guislain, le Vice-Président de la BAD en charge du Secteur Privé, des Infrastructures et de l’Industrialisation, a souligné l’importance de fournir des infrastructures inclusives et durables grâce à des projets banquables et attrayants pour les investisseurs. Pour y parvenir, les capacités et les ressources des mécanismes existants tels que l’IPPF-NEPAD doivent être renforcées, la coordination de tous les acteurs améliorée et les partenariats et le cofinancement accrus.

Selon lui, « la BAD reste déterminée à soutenir l’IPPF-NEPAD compte tenu des énormes besoins en infrastructures et de la volonté d’avoir des projets prêts à l’investissement et durables en Afrique conformément à l’Agenda 2063 de l’Union Africaine (UA), aux objectifs de Développement Durable (ODD) ainsi qu’à l’intégration et l’industrialisation régionale croissantes».

Mis en place en 2001, le NEPAD est chargé essentiellement du pilotage du Programme de Développement de l’Infrastructure en Afrique (PIDA), une initiative prioritaire lancée par les Chefs d’État et de Gouvernement Africains, qui dépend de la mobilisation des ressources nécessaires pour sa mise en œuvre. Le portefeuille d’investissements qui s’élève à 68 milliards de dollars (la moitié est au stade conceptuel)  d’ici 2020 reste intact en dépit des efforts de Dr Cheikh BEDDA, Directeur de l’Infrastructure et de l’Énergie de la Commission de l’Union africaine (CUA).

Seule satisfaction  à tirer de cet exercice d’Abidjan, la gestion  gestion financière prudente du Fonds Spécial.  La BAD a été félicitée sur la question.

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