Projet de bus rapides sur voie réservée à Dakar (BRT)

• Projet de Développement du Tourisme et des Entreprises au Sénégal

• Projet d’appui aux négociations des projets gaziers et de renforcement des capacités institutionnelles

• Projet d’extension du système de transport électrique au sein de l’OMVS

Allocution de Mme Louise CORD, 

Directrice des Operations de la Banque mondiale pour le Sénégal, la Mauritanie, la Gambie, la Guinée-Bissau et Cabo Verde

 

Dakar, 6 juillet 2017

Monsieur le Ministre de l’Economie, des Finances et du Plan

Monsieur le Ministre des Infrastructures, des transports terrestres et du désenclavement

Mesdames et messieurs les hauts responsables de l’administration

Mesdames et messieurs les représentants des médias

Mesdames, Messieurs

C’est avec un grand plaisir que je procède avec vous à la signature de ces quatre accords de financement d’un montant global de 500 millions de dollars, environ 300 milliards de Francs CFA. Ces quatre projets soutiennent non seulement une croissance plus forte, mais aussi que les gains de cette croissance bénéficient les plus vulnérables en facilitant leur participation dans l’économie. Il s’agit de projets qui sont au cœur du Plan Sénégal Emergent (PSE), notamment ses Pilier 1 « Transformation structurelle de l’économie et croissance » et Pilier 3 « Gouvernance, institutions, paix et sécurité ». Ils complètent ainsi notre important portefeuille adossé au Pilier 2 du PSE à savoir « Capital humain, protection sociale et développement durable. » qui couvre l’éducation, la santé, la nutrition et la protection sociale » et deux projets structurant qui sont en préparation sur le développement intégré de la petite enfance et sur l’employabilité et l’inclusion sociale des jeunes.

Le Projet de bus rapides sur voie réservée à Dakar (BRT) a été approuvé le 25 mai par notre Conseil d’administration pour un montant de 300 millions de dollars, auxquels devraient venir s’ajouter 30 millions d’Euros de la Banque européenne d’investissement, 30 millions de dollars du Fonds vert pour le climat (Green Climate Fund) et plus de 10 millions de dollars du gouvernent. Selon les estimations, plus de 300.000 Sénégalaises et Sénégalais emprunteront le BRT quotidiennement, bénéficiant, entre la préfecture de Guédiawaye et le centre de Dakar soit 18 km, d’un transport moderne, confortable, fiable, abordable et réduisant de moitié le temps de trajet.

En réduisant les temps de trajet en transport public, le BRT va rapprocher les citoyens des opportunités d’emplois, des universités et des écoles, des services sociaux, administratifs ou de santé. Ce projet bénéficiera à toutes et tous et particulièrement aux plus modestes.

Ce projet s’inscrit également dans une stratégie ambitieuse de mobilité durable portée par le Gouvernement et soutenue par la Banque Mondiale. Le BRT sera ainsi un des axes majeurs de Transports Collectifs autour duquel les transports publics vont se structurer. Ce projet permettra de réduire les embouteillages, de limiter l’utilisation des véhicules particuliers, de réduire la pollution. Il est le seul projet de transport identifié comme contribution volontaire du Sénégal pour réduire les gaz à effet de serre dans l’accord de Paris sur le climat. Et je voudrais féliciter le Gouvernement pour cette initiative.

Si le BRT sera opéré par un opérateur privé dont l’investissement en appui au Projet devrait atteindre 50 millions de dollars, les transporteurs nationaux joueront aussi un rôle essentiel dans le dispositif et en seront de véritables partenaires. D’une part, en tant qu’actionnaires du BRT à côté du principal opérateur privé et, d’autre part, en tant qu’opérateurs des lignes de bus qui amèneront les usagers au BRT. Je voudrais d’ailleurs souligner le rôle joué par la Société financière internationale, IFC le bras « Secteur privé » du Groupe de la Banque mondiale, pour appuyer le Gouvernement dans cette procédure de partenariat publique privé.

Mesdames, Messieurs,

Si améliorer le transport entre la banlieue et le centre est crucial pour la croissance inclusive et soutenable, le PSE envisage aussi d’améliorer le climat des investissements, d’appuyer les PME et de développer le tourisme pour stimuler la croissance et la création d’emplois. Nous appuyons cet objectif avec le financement de 74 millions de dollars du Projet de Développement du Tourisme et des Entreprises au Sénégal qui a été approuvé par notre conseil d’administration le 26 avril dernier.

Par ce bais, notre partenariat vise essentiellement deux objectifs : premièrement, l’amélioration de la compétitivité du secteur touristique, en renforçant la destination « Sénégal » et redynamisant le site de Saly qui subit les assauts de l’érosion côtière, et, deuxièmement, l’appui au développement entrepreneurial et l’amelioratiopn du climat des investissements au Sénégal

Pour ce deuxième objectif, le projet vise à soutenir les Petites et moyennes entreprises avec un fonds à frais partagés pour les PMEs en quête de nouveaux marchés, un concours de plan d’affaire pour les start-ups, et l’amélioration du climat des affaires.

Ce projet permettra aussi de financer l’opérationnalisation de plateformes de l’investissement dans au moins trois pôles économiques hors de Dakar, à Saint-Louis, Ziguinchor, ainsi que sur la Petite Côte. Ces plateformes visent à rapprocher la panoplie des services administratifs et incitatifs s’adressant aux entreprises, et à encourager la création d’entreprises et l’investissement dans ces régions cibles.

Mesdames, Messieurs

Les deux autres projets concernent un moteur essentiel pour l’économie sénégalaise au présent et au futur – puisqu’il s’agit de promouvoir l’accès équitable et compétitif à l’énergie ainsi que la gestion des ressources du pétrole et gaz.

Le troisième projet, d’un montant de 97 millions de dollars, est d’envergure régionale dans le cadre de l’Organisation pour la mise en valeur du Fleuve Sénégal. Il va contribuer à l’intégration régionale en renforçant les échanges d’énergie avec une électricité fiable doublée d’une possible baisse de son prix. Il aura un grand impact dans la région naturelle de Casamance car il va permettre aux populations de cette région d’être mieux servis en électricité grâce à la ligne Tambacounda-Ziguinchor en construction. Je voudrais saluer la présence ici du nouveau Haut-Commissaire de l’OMVS, M. Hamed Diane Séméga.

Le quatrième projet est motivé par le souci d’une gestion efficace, équitable et durable des ressources en pétrole et en gaz, découvertes au large du Sénégal depuis 2014. Avec le projet d’appui aux négociations des projets gaziers et de renforcement des capacités institutionnelles, la Banque Mondiale mettra à la disposition du Gouvernement du Sénégal un prêt d’assistance technique de 29 millions de dollars. L’objectif de cette assistance technique est de permettre au Gouvernement du Sénégal de mobiliser les expertises internationales requises à un engagement méthodique et constructif avec les opérateurs du secteur privés, afin de permettre que des décisions finales d’investissement justes et profitables pour toutes les parties, puissent être prises dans les prochaines années.

En outre, cette assistance technique visera à renforcer le cadre légal, fiscal, stratégique et institutionnel ainsi qu’à permettre au gouvernement du Sénégal de développer les capacités de toutes les institutions clés à la future gestion des ressources en pétrole et en gaz. Enfin, et comme requis par les Autorités, ce projet devra permettra de renforcer l’engagement des citoyens dans le développement de leurs richesses nationales, par la communication d’informations fiables et pertinentes sur l’état de développement des ressources.

Beaucoup de progrès ont été réalisés depuis 2014 en vue du développement de la richesse en hydrocarbures du pays. Toutefois, beaucoup de travail reste à accomplir pour permettre au Gouvernement du Sénégal et aux opérateurs pétroliers de matérialiser conjointement les décisions finales d’investissement attendues dans le secteur pétrolier et gazier. De la finalisation des concepts à la ratification de tous les accords techniques, légaux et fiscaux, financiers et commerciaux, le travail qui reste à accomplir déterminera directement les recettes fiscales et non fiscales que l’exploitation des ressources apportera au Sénégal ainsi que la profitabilité des investissements en projets et l’appétit pour des investissements suivants.

 

Madame, Messieurs les ministres, Mesdames, Messieurs

Je voudrais enfin réitérer les félicitations du Groupe de la Banque mondiale au gouvernement pour ses performances économiques constantes ces dernières années. Cependant, pour attendre le statut d’un pays a revenu moyen et réduire la pauvreté, il faudra soutenir cette bonne performance pour plusieurs années de suite et même avec des taux de croissance qui doivent être supérieurs à 7 pour cent. Pour cela, il faudra entamer le chemin parfois difficile des reformes structurelles comme la réforme du foncier dans les zones rurales, élargir le rôle du capital privé dans la SENELEC, mettre en œuvre la décision de privatiser la SONACOS. En même temps il faudra maintenir votre élan sur les reformes déjà entamées dans les secteurs de l’énergie et des télécommunications. Ce sont les reformes que vous avez choisies et maintenant il faut les appliquer avec diligence pour en tirer les bénéfices en croissance partagée.

Permettez-moi enfin de remercier, au nom de mes collègues, tous ceux et celle qui ont participé, à tous les niveaux de l’administration sénégalaise, des agences et sociétés nationales, à l’élaboration de ces projets si importants.

Vous avez sans doute remarqué que mon discours est inhabituellement long, mais vous conviendrez avec moi que l’importance de ces projets que nous signons aujourd’hui dans le cadre de notre partenariat valait la peine de déroger un peu à mes habitudes !