A l’origine de la dissonance, le statut de la banque centrale sud-africaine (SARB). En effet, une proposition a été faite lors de la Conférence de l’ANC (Africain National Congress, parti au pouvoir) qui s’est tenue mercredi 5 juillet  à Johannesburg.

La proposition veut que la SARB soit nationalisée afin de faire en sorte que la banque se concentre sur la croissance et pas seulement sur le contrôle de l’inflation et la monnaie.

Cependant, cette idée est fortement contestée par bon nombre de sud-africains. D’après nos sources, à peine annoncée, la proposition aurait entraîné la chute de 2% du rand, qui s’échangeait à 13,27 contre le dollar à la mi-mai. Suffisant pour faire sortir le COSATU (la plus grande fédération syndicale du pays), de ses gonds. Les syndicalistes bottent en touche la nationalisation de la SARB et militent pour l’indépendance de la banque.

« L’indépendance de la banque centrale dans un système bourgeois multipartite est indispensable mais nous voulons que la banque soit indépendante des intérêts privés et indépendante également du gouvernement imprudent », a soutenu le COSATU.

Et le mouvement syndicaliste d’ajouter : « Nous avons besoin d’une banque centrale qui suivra une politique monétaire inclusive et régulera le secteur financier dans le but de faire en sorte que les revenus et la richesse soient redistribués à tous les Sud-Africains comme le prévoit la Charte de la Liberté ».

Toutefois, le mois dernier, la médiatrice publique Busiswe Mkhwebane a appelé le parlement à amender la Constitution afin de changer le mandat de la SARB, invoquant le fait que la banque n’ait pas réussi à relancer la croissance économique du pays. A noter que l’économie sud-africaine est entrée en récession et que le chômage plane à 27%.

La SARB est privée depuis sa création en 1921 et a pour principales fonctions de formuler et de mettre en place des politiques monétaires.