Après 20 ans de sanctions américaines, le Soudan est au bout du tunnel.

La décision américaine de suspendre l’embargo financier qui frappe Khartoum devrait tomber le 12 juillet selon Mohamed Osman Suliman Elrikaby, ministre soudanais des Finances qui s’exprimait à Kigali, le 29 juin 2017 en marge de la 24 ème assemblée générale d’Afreximbank.

Les deux pays négocient  depuis le mois de mars dans la foulée d’une mesure  prise par Barack Obama, le 13  janvier, à une semaine de la fin de son mandat, d’alléger les sanctions en guise de récompense du pays dans sa lutte contre le terrorisme. Un programme de six mois entamé depuis janvier devait se conclure cet été  par une autre évaluation permettant de lever ou de maintenir l’embargo.

Pour les officiels soudanais, les signaux penchent vers la levée des lois américaines d’autant plus coercitives qu’elles ont caractère d’extraterritorialité.

En visite à Khartoum en juin dernier, une  délégation de l’OFAC (Office of Foreign Assets Control), pièce maîtresse du Trésor américain, en charge de la nomenclature anti-terroriste,  a bouclé un “check up” complet du système bancaire, des procédures de la Banque Centrale du Soudan et une série de rencontres avec la communauté des affaires. “C’est une visite concluante. Nous sommes très optimistes quant à la levée totale des sanctions américaines”, a déclaré le ministre à Financial Afrik.

“Ces sanctions sont trop coûteuses pour la communauté d’affaires. Nous pouvons faire aucune transaction en dollars”, rencherit le vice gouverneur de la Banque Centrale.

Pour mettre fin à son isolement financier International, Khartoum a engagé une série de mesures incluant un processus de réconciliation interne, la lutte contre le terrorisme et une politique de bon voisinage avec le Soudan Sud.

Imposées  d’abord en 1993 quand le Soudan était placé parmi les pays sponsors du terrorisme, puis renforcées en 1995, lorsque les services secrets soudanais ont été accusés d’être derrière la tentative d’assassinat du président égyptien Hosni Moubarak, alors en visite en Éthiopie, les sanctions américaines se sont renforcées en 1997  puis en 2006, en réponse à chaque fois à une situation  interne et externe perçue comme un soutien au terrorisme.

Pour convaincre les américains, le Soudan s’est engagé à promouvoir les droits de l’homme dans le pays et notamment au Darfour.. quatrième pays de monde en termes de potentialités en matières premières dont l’or, le Soudan a mis en place un plan quinquennal 2015-2019 destiné à augmenter les exportations vers 9 pays africains enclaveés situés dans le voisinage immédiat.

Ce contenu pourrait également vous intéresser