Par Amadjiguene Ndoye 

C’est tout un secteur qui bat de l’aile en Afrique du sud. Avec un secteur aurifère en souffrance, la nation arc-en-ciel a dégringolé à la 7e place du classement mondial des pays producteur du métal précieux. En 2015, le secteur ne contribuait plus qu’à 7,7 % du PIB. 

En 10 ans, la production d’or sud-africaine a chuté de 40 % pour atteindre tout juste 140 tonnes l’année dernière. Une baisse due notamment en raison du retard technologique pris par de nombreuses mines. Dans de nombreux sites, l’or est encore extrait principalement à la main, avec en plus des coûts de production très élevés. Les coûts de la main-d’œuvre ont progressé de plus de 300 % entre 1999 et 2014 dans le secteur. En conséquence, quelque 70.000 postes ont déjà été supprimés en cinq ans, a fait savoir la Chambre des Mines, qui avertit que ce chiffre pourrait monter à 100.000.

Une situation qui touche de plein fouet le groupe AngloGold. Selon une information relayée par la presse internationale, jeudi 29 juin 2017, le troisième producteur mondial d’or pourrait se séparer d’un tiers de ses effectifs (jusqu’à 8.500 suppressions de postes). Pour cause, face à la crise, AngloGold envisage de fermer des mines déficitaires en Afrique du Sud. Déjà au premier trimestre, les mines du groupe enregistraient leur première perte trimestrielle depuis 2012.

Une situation qui n’est pas spécifique à AngloGold, les mines sud-africaines sont en fin de vie. Le groupe fait face au vieillissement de ses gisements miniers, à la montée des coûts de production liée notamment à l’obligation de creuser toujours plus en profondeur pour trouver le métal précieux. S’y ajoute qu’AngloGold devrait également mettre plusieurs de ses sites à l’arrêt.

« Certaines des mines les plus anciennes en Afrique du Sud ont atteint la fin de leurs vie économique, plusieurs décennies après que la production a commencé », a expliqué la société créée en 1998 avec le groupement des activités de mines d’or du groupe centenaire Anglo American. A la Bourse de Johannesbourg, l’action a plongé de 4,3%.

Malgré ce sombre tableau, l’Afrique du Sud conserve tout de même des réserves d’or immenses – les troisièmes les plus importantes de la planète – qui peuvent assurer encore une trentaine d’années de production.