Des partenariats et une collaboration plus forte sont essentiels pour garantir un meilleur accès à des soins de santé de qualité et à coûts abordables pour tous en Afrique. Ce fut l’un des messages clés qui s’est dégagé du premier Forum africain de la santé lancé aujourd’hui par l’Organisation mondiale de la Santé et le gouvernement rwandais à Kigali.

Dans son discours d’ouverture, Son Excellence Anastase Murekezi, le Premier ministre du Rwanda, a déclaré : «Être en bonne santé est la base de tout développement socioéconomique, et sans cela, rien n’est possible. Pour cette raison, les pays africains doivent travailler ensemble, en partageant des expériences qui traduiront en réalité la vision 2063 en ses aspects santé et bien-être. Je demande à nos pays africains de mettre en place des stratégies pour les aider à mettre en œuvre les résolutions de ce Forum»

Il a exhorté le secteur privé dynamique en Afrique à investir davantage dans le secteur de la santé et a appelé les autres parties prenantes à soutenir les efforts de l’Afrique en veillant à ce qu’il soit aligné sur les priorités.

Avec une population jeune en croissance, le besoin urgent d’actions concrètes pour s’attaquer à la question de la santé des jeunes et des adolescents sera au cœur des débats lors du forum qui durera deux jours.

L’Afrique est la seule région au monde où la population dans son ensemble devient plus jeune. En effet, les personnes âgées de moins de 18 ans représentent 50 % de la population dans 15 pays d’Afrique subsaharienne. Cependant, malgré la vitalité de la jeunesse, le VIH a affecté de manière disproportionnée les enfants et les adolescents africains. Depuis 30 ans que dure l’épidémie mondiale du VIH, environ 17 millions d’enfants ont perdu un ou leurs deux parents du fait du sida – 90 % de ces enfants vivent en Afrique subsaharienne.

En outre, la prolifération des maladies non transmissibles (MNT) en Afrique a entraîné une augmentation de 27 % des décès liés aux maladies non-transmissibles au cours des 10 dernières années. Si cette croissance se poursuit, il y aura une répercussion manifeste sur la santé des jeunes en Afrique.

«L’Afrique a un avantage – à mesure que le monde vieillit, notre population devient plus jeune. Il existe tellement de potentiels pour exploiter cette vitalité et cette énergie en vue de créer des systèmes de santé répondant aux besoins de tous. Mais, nous devons agir maintenant pour protéger leur santé en créant des services de santé adaptés aux jeunes et en encourageant des modes de vie sains», a déclaré le Dr Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique dans son discours d’ouverture.

«Nous voulons que nos jeunes ne soient pas seulement des bénéficiaires des services, mais qu’ils soient également à nos côtés à la table de prise de décisions au moment où nous nouons des partenariats entre tous les secteurs pour assurer un avenir plus prospère et durable pour tous en Afrique», a-t-elle ajouté.

Dr Moeti a mis l’accent sur la collaboration avec le secteur privé, les philanthropes africains et les jeunes africains pour relever ces défis, afin d’obtenir des résultats concrets dans l’amélioration de la santé des populations africaines.

«Les populations d’abord : la route vers la couverture sanitaire universelle en Afrique» est le thème général du Forum. Certes, l’Afrique a encore des problèmes essentiels de santé, mais des améliorations importantes ont été enregistrées au cours de la décennie écoulée et l’impact de celles-ci sera également débattu lors de l’événement.

Au nombre des succès clés en matière de santé publique, figurent les suivants :

  • la région a enregistré des progrès significatifs dans la lutte contre le paludisme. Les taux d’incidence et de mortalité de cette maladie ont diminué, respectivement, de 42 % et 66 % entre 2000 et 2015;
  • les contributions des gouvernements nationaux de la Région africaine de l’OMS ont financé la lutte contre le paludisme à hauteur de 528 millions de dollars EU en 2015;
  • pour la première fois, nous avons un vaccin contre le paludisme assurant une protection partielle aux enfants, qui sont particulièrement vulnérables;
  • la Région est sur le point d’éradiquer la poliomyélite;
  • le nombre d’adultes et d’enfants nouvellement infectés par le VIH en Afrique a diminué de 19 % au cours des cinq dernières années, passant de 1,63 million à 1,37 million;
  • la mise à l’échelle du traitement du VIH se poursuit, avec environ 12,1 millions de personnes (43 % des personnes éligibles) sous traitement antirétroviral (TARV) avant fin 2015;
  • l’ère des OMD a contribué à bon nombre de ces succès. En effet, dès fin 2015, la mortalité maternelle dans la région a baissé de 45 % par rapport à l’an 2000 et les décès de nouveau-nés ont, eux, diminué de 38 % au cours de la même période.