Ministre de la Promotion des Investissements, des Partenariats et du Développement des Téléservices de l’Etat, Mme Khoudia Mbaye est au cœurs des questions stratégiques du Sénégal. En marge de la restitution, le 8 juin, de l’étude sur les orientations stratégiques des Zones économiques spéciales (ZES), réalisée par son ministère, Mme Mbaye a répondu aux questions de Financial Afrik. Entretien.
 

Quelles sont les spécificités des zones économiques spéciales ?


Les zones économiques spéciales (ZES) sont des instruments de mise en œuvre et de valorisation des opportunités de développement et d’industrialisation qui existent dans notre pays à la faveur de la vision de son excellence le Chef de l’Etat, Macky SALL. Le gouvernement à travers le Plan Sénégal Emergent (PSE), s’est engagé dans la transformation  structurelle de l’économie, notamment la réalisation d’un hub logistique et industriel régional. L’Etat est dans cette logique, en amorçant un processus d’industrialisation, afin d’accroitre le potentiel des exportations, de rééquilibrer la balance commerciale et de créer une masse critique d’emplois.

Les ZES constituent un instrument majeur pour améliorer l’attractivité de notre pays. Actuellement, nous avons érigé le parc industriel de Diamniadio comme zone économique spéciale. En sus, il y’a la zone économique speciale intégrée de Diass qui est  une surface industrielle et agro-industrielle, de bureaux, services et Tic  mais également une zone commerciale, résidentielle et touristique.


Quels sont les avantages fiscaux et sociaux de ces ZES ?


Les avantages sont fixés par la loi numéro 2017-06 du 6 janvier 2017 qui permet aux entreprises qui viennent s’installer dans les zones économiques spéciales de bénéficier d’une certaine faveur fiscale et douanière, selon la réglementation définie dans le cadre de l’Union économique et monétaire ouest-africaine(UEMOA). On note aussi comme autre avantage, la libéralisation de la production de l’énergie. Car, l’énergie constitue une contrainte pour les entreprises. Heureusement qu’on a enregistré une baisse des coûts de l’électricité avec la diminution de 10% sur les factures. Avec cette nouvelle loi, nous avons la possibilité  sur  les autres ZES de produire de l’électricité. Ce qui permettrait de baisser encore les coûts de l’électricité.

Du point de vue de la législation du travail, nous avons regroupé toutes les dérogations existantes et qui permettent de distribuer de façon relativement flexible une main d’œuvre appropriée pour réduire les coûts de production sur les zones économiques spéciales. Cela favorise une production massive et une exportation optimale vers l’étranger mais également les ZES occasionneront le rayonnement de notre pays à travers le monde. C’est aussi un moyen de capter plus d’investissements directs étrangers (IDE).


Hormis Diass et Diamniadio, quelles seront les autres localités susceptibles d’être érigées en ZES ?


C’est une politique  nationale. Les ZES vont émerger un peu partout. Cependant, il faut avoir des équipes de proximité pour chaque zone. Je présume qu’il y’a dans le Nord et dans les zones de forte production agricole des agropoles et ces dernières peuvent être érigées en zones économiques speciales comme le cas de Diamniadio qui n’était pas une ZES mais vient de bénéficier d’un décret l’érigeant en zone économique spéciale.

Certainement, on aura dans le Sud-est du pays des ZES minières. C’est juste une question de croissance et de pertinence de l’activité qui se développe dans chaque localité. En revanche, il ne s’agit pas de transformer tout le pays en ZES mais ça se fera en fonction de l’intérêt du Sénégal et des investisseurs.


La multiplication des ZES n’affaiblit-elle pas les recettes fiscales ?


Je crois que non. Maintenant l’essentiel, c’est qu’on va produire de la croissance et employer des sénégalais. L’un dans l’autre, c’est le pays qui gagne. Il faut analyser en termes de package, en d’autres termes les gains et les pertes. Car c’est une économie qui tourne. Du coup certains leviers en alimentent d’autres. En définitive, le risque est totalement maitrisé.

 

Propos recueillis par Ablaye Modou Ndiaye