En poste depuis le 17 février 2017, le tchadien Abbas Mahamat Tolli a les yeux rivés sur les comptes de l’institution qu’il dirige.  Les réserves de change de la  Banque Centrale des Etats de l’Afrique Centrale (BEAC) ont fondu de 55%.  La plupart des banques de la sous région présentent une tension nette sur les liquidités.

Des solutions d’anticipation sont envisagées. Entre autres, procéder à des renflouements partiels de certains établissements de crédit solvables mais en situation de stress de liquidités.  Problème, la BEAC ne dispose pas de la même force financière que la BCE (Banque Centrale Européenne) qui a eu à initier une Quantitative Easy Policy consistant à injecter de la liquidité sur le marché en rachetant 80 milliards d’euros de dettes des Etats et de certaines entreprises. L’institution commune aux 6 Etats de l’Afrique Centrale ne dispose pas aussi de la même marge de manoeuvre que la Banque Centrale du Nigeria qui avait eu à racheter les mauvaises créances de certaines banques et à les confier à un véhicule d’asset management.

Pour l’heure, la priorité semble être donnée aux Etats qui ont eu à emprunter 4000 milliards de FCFA depuis  2011, soit 40% des dépôts constitués depuis 2006. La pénurie de liquidité dans les banques est donc occasionnée par la forte affluence des Etats vers les marchés des capitaux, levant des fonds pour assurer les budgets de fonctionnement et des investissements publics. Cela combiné à la crise pétrolière a fait flancher le système bancaire de l’Afrique Centrale.

Abbas Mahamat Tolli, gouverneur de la BEAC, a annoncé une un dispositif d’anticipation dont les modalités pratiques seront finalisées d’ici la fin de l’année. Entre temps, des accords seront bouclés avec le FMI. Les pays négocient séparément avec le FMI.  D’eux d’entre eux, le Congo et le Tchad, sont à un niveau de stress élevé.

 


Apropos de la Quantitative easy de la BCE

Depuis avril 2016, la BCE a injecté 1500 milliards d’euros pour ces rachats de titres et ça va continuer au moins jusqu’à la fin de l’année 2017. Ce procédé de rachat de titres sur le marché secondaire permet de renflouer les banques et de baisser les taux d’intérêt. L’idée sous-tendue derrière est de relancer le marché du crédit, c’est à dire le financement de l’économie. Critiquée par les classiques, l’approche a permis de baisser les taux d’intérêt à des niveaux proches de zéro. Est-ce à dire que les ménages et les entreprises ont plus de facilité pour emprunter?

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