L’avenir de la jeunesse de l’Afrique ne réside pas dans la migration vers l’Europe, mais bel et bien dans une Afrique prospère, a déclaré le président de la Banque africaine de développement (BAD), Akinwumi Adesina, le week-end dernier, à l’adresse des dirigeants réunis pour le Sommet du G7 à Taormine, en Italie.

Le président Adesina a souligné combien les pays africains se doivent d’offrir davantage d’opportunités économiques à leurs jeunes, afin qu’ils restent chez eux et qu’ils puissent y mener une vie digne de ce nom.

« Nous devons transformer les zones rurales, que de zones de misère économique elle se muent en lieux de prospérité économique. Ce qui requiert de nouvelles innovations agricoles et de transformer l’agriculture pour qu’elle devienne un secteur créateur de richesses. Nous devons faire de l’agriculture un choix vraiment “cool ” pour les jeunes. Les futurs millionnaires et milliardaires africains seront issus de l’agriculture », a assuré le président de la BAD.

Les représentants des pays du G7 – Canada, France, Allemagne, Italie, Japon, Royaume-Uni et États-Unis – ont profité de ce Sommet pour attirer l’attention sur la nécessité d’investir beaucoup plus en Afrique, afin de mettre un frein au départ de ses jeunes qui traversent en masse la Méditerranée.

Pour ce faire, le président de la BAD a insisté quant à lui sur la nécessité de faire advenir une Afrique plus prospère, à même de garder sur son sol des jeunes productifs et engagés. « Même les insectes migrent de l’obscurité vers la lumière. Il n’est donc pas étonnant que la jeunesse d’Afrique – notre atout – prenne d’énormes risques pour émigrer vers l’Europe, en quête d’une vie meilleure », a-t-il lancé.

À l’horizon 2050, la population de l’Afrique sera égale à celles, aujourd’hui, de l’Inde et de la Chine combinées, a rappelé le président Adesina. Les dépenses de consommation en Afrique devraient atteindre 1 400 milliards de dollars EU dans les trois ans, et le marché business-to-business (B2B) s’élever à 3 500 milliards de dollars EU au cours des huit prochaines années.

« L’Afrique est en train de se réformer, de s’ouvrir aux affaires, a poursuivi Akinwumi Adesina, précisant : elle a représenté 30 % des réformes dans le monde en matière de commerce et de réglementation en 2016 ».

Il a appelé les membres du G7 à réfléchir sérieusement à l’Afrique comme formidable opportunité d’investissement. « D’énormes opportunités d’investissement et innovations vous attendent – de l’agriculture et l’agro-industrie à l’énergie, la santé, aux TIC, en passant par les infrastructures et les services financiers. Et la Banque africaine de développement sera là pour faire avancer les investissements du secteur privé des pays du G7 en Afrique. Alors, avec le G7, innovons ! », a plaidé le président de la BAD.

Akinwumi Adesina a annoncé que la Banque, avec ses partenaires, lancerait l’an prochain le Forum sur l’investissement en Afrique, dans une stratégie délibérée d’attirer en masse des investissements privés sur le continent.

Le sommet du G7, dont les pays membres représentent à eux seuls près du tiers de l’économie mondiale, s’est tenu les 26 et 27 mai en Sicile, en Italie.

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