Le Forum régional africain sur le développement durable de 2017 (ARFSD) a officiellement débuté aujourd’hui, à Addis-Abeba, avec Abdalla Hamdok, Secrétaire exécutif par intérim de la Commission économique pour l’Afrique, exhortant l’Afrique de cesser d’exporter des matières premières et des produits de base pour alimenter les industries des pays développés. 

Lors de ses remarques liminaires aux délégués, M. Hamdok déclare que l’exportation de produits finis aiderait l’Afrique à autonomiser ses populations en éliminant certains des défis auxquels il est actuellement confronté, en particulier le chômage et la pauvreté.

« Il est grand temps que le continent change vraiment ce modèle obsolète que nous avons hérité de la domination coloniale à savoir, l’exportation de matières premières et de produits de base.

« L’Afrique doit prendre une décision audacieuse et se dire « il faut mettre fin à l’exportation de matières premières ». Nous devons ajouter de la valeur à nos produits et c’est le moyen le plus sûr de créer des emplois décents, de lutter contre le chômage et les problèmes connexes », déclare M. Hamdok.

Il dit que l’Afrique doit résister au modèle économique continu qui bénéficie aux étrangers plutôt qu’aux populations locales si le continent doit exécuter avec succès l’Agenda 2063 et l’Agenda 2030 pour le développement durable.

M. Hamdok, qui énumère les travaux de la CEA sur le commerce et l’industrialisation, les statistiques, le changement climatique et d’autres activités entreprises avec ses partenaires pour aider le continent à exécuter les deux agendas, fait également savoir que les pays africains doivent profiter du débat actuel sur le protectionnisme en Occident et mettre l’accent sur le renforcement du commerce et des investissements entre eux dans l’intérêt de leurs peuples.

« Beaucoup ont vu cela comme un signal alarmant, mais je le vois comme une opportunité qui nous permettra de développer notre commerce intra-africain », déclare-t-il.

M. Hamdok dit que chaque ARFSD rappelle que le temps s’écoule inexorablement pour le continent.

« Nous avons une étroite opportunité de nous engager hardiment à réduire la pauvreté. Le défi est énorme, mais les possibilités pour un développement de transformation sont illimitées », avance-t-il.

Pour sa part, le Ministre de l’eau, de l’irrigation et de l’électricité, Seleshi Bekele Awulachew, informe que le thème de la réunion, « Assurer une croissance et une prospérité inclusives et durables pour tous » ne signifierait rien si l’Afrique ne s’attaque pas aux vulnérabilités sur le continent.

« L’inclusion, la participation des citoyens, la paix et la sécurité sont des piliers essentiels à la réalisation des programmes de développement », dit M. Bekele et ajoute que la bonne gouvernance et le leadership sont également des ingrédients essentiels pour une Afrique pacifique et prospère.

Il se réjouit du partenariat entre la CEA et l’Éthiopie, par l’intermédiaire de son ministère des finances dans le domaine de la statistique, qui, selon lui, permettra au pays de suivre et évaluer les progrès dans l’exécution de ses priorités de développement.

Le Commissaire aux questions économiques de la Commission de l’Union africaine, Anthony Mothae Maruping, déclare que la CUA, en collaboration avec ses partenaires, fait de son mieux pour que les États membres domestiquent les agendas 2030 et 2063.

Il mentionne que les partenariats avec le monde extérieur doivent être dans le contexte des deux agendas.

M. Maruping informe que l’Afrique ne se développera que si elle permet aux jeunes et aux femmes d’investir dans les infrastructures nécessaires et ajoute que l’Agenda 2063 vise à créer une croissance accélérée créatrice d’emplois, stable, inclusive et réelle en Afrique.

Il fait savoir qu’aucune forme de pauvreté n’est acceptable sur le continent et ajoute que la mobilisation des ressources intérieures, y compris l’endiguement des Flux financiers illicites, sont cruciaux si le continent devait financer son développement.

« L’Afrique sait ce qu’elle veut, ce qu’il faut faire pour l’obtenir ou y parvenir, comment et quand y parvenir », déclare M. Maruping.

« Il y a de la cohérence, de la régularité et un alignement en Afrique. Nous devons simplement défendre et mettre en œuvre les deux agendas », dit-il et conclut que l’UA se réforme également pour s’assurer qu’elle est apte à assurer la prospérité des populations africaines de manière efficace et cohérente.

La Ministre adjointe égyptienne en charge de la planification et de la coopération internationale, Mme Nehal Magdy Ahmed Elmegharbel, partage l’expérience de son pays en matière de domestication et d’intégration des programmes 2030 et 2063 dans ses plans nationaux et sa vision.

Elle souligne le besoin d’avoir des données et des informations pour que l’Afrique puisse suivre la mise en œuvre des deux agendas.

L’Égypte assurait la présidence du Bureau de l’ARFSD en 2016.

L’ARFSD de 2017, en préparation pour le Forum politique de haut niveau 2017 sur le développement durable (HLPF) qui se tiendra en juillet, à New York sous les auspices du Conseil économique et social (ECOSOC) a pour thème « Éradiquer la pauvreté et promouvoir la prospérité dans un monde en mutation ».

L’ARFSD suit les progrès réalisés dans la mise en œuvre des 17 Objectifs de développement durable (ODD) qui sont au cœur de l’Agenda 2030 pour le développement durable.

 

 

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