Par Mamadou Aliou Diallo

mom


La capitale guinéenne abrite depuis ce mardi 9 mai jusqu’au 11 mai, la 5ème édition du symposium mines Guinée (SMG) sous l’initiative du ministère guinéen des mines en partenariat Ame Trade. Cette rencontre internationale du monde minier qui a réuni le gotha mondial du secteur a pour objectif de vendre le potentiel minier et minéral de la Guinée aux grands groupes miniers et bailleurs du système financier international. Il s’agira également de présenter les réformes engagées pour l’amélioration du climat d’investissement.

Placé sous le thème « secteur minier levier de transformation de l’économie nationale au profit de tous les acteurs », ce symposium va rassembler durant trois jours plus de 500 délégués venus d’une trentaine de pays qui vont échanger sur les enjeux de développement liés au potentiel minier de la Guinée.

Le président guinéen Alpha Condé, comme à ses habitudes depuis qu’il est à la tête de l’Union Africaine, a dans son discours d’ouverture pris tout le monde à contre-pied, en affirmant son désaccord vis-à-vis de son ministre des mines, Abdoulaye Magassabou, qui l’a précédé au pupitre et qui vantait le potentiel minier énorme de la Guinée. Il a, en substance, déclaré que le secteur minier n’est que l’un des leviers de croissance de l’économie guinéenne et que l’agriculture et l’agrobusiness devraient être les autres pierres angulaires du système.  Le président entend donc développer le secteur agricole au même titre que les mines. Un secteur porteur et pourvoyeur d’emplois. Il a invité les miniers à s’intéresser et à aussi investir dans le secteur agricole.

Alpha Condé n’a pas hésité à citer certaines sociétés minières opérant en Guinée, qui, selon lui, devraient faire plus d’efforts dans le respect du code minier et l’application de la politique du contenu local pour éviter que des situations tendues, comme ce fut le cas à Boké, il y a deux semaines au nord-ouest de la Guinée, où les populations se sont révoltées contre certaines d’entre elles.

Dans le cadre de la transparence, le président Condé a annoncé que l’État guinéen a retiré plus de 800 permis miniers depuis son arrivée au pouvoir en 2010. Il n’a pas hésité à revenir sur l’épisode opposant l’État guinéen au franco-israélien Beny Steinmetz de (BSGR) sur les conditions d’attributions des blocs 1 et 2 du Simandou. En déclarant que ces attributions ont été faites dans la corruption, raison pour laquelle, la Guinée avait décidé de retirer de façon unilatérale les permis à BSGR pour les octroyer à Rio Tinto avant d’être reprises tout dernièrement par Chinalco.

Si Alpha Condé n’a pas parlé de tous les autres scandales qui éclaboussent le secteur minier guinéen, il a brandi le cas BSGR comme un trophée de guerre. Même si la Guinée a tous les arguments dans ce dossier, la bataille est cependant loin d’être gagnée, car BSGR a déposé une plainte contre la Guinée auprès du Cirdi pour expropriation illégale. Un procès est annoncé pour le 22 mai ….. Affaire à suivre.

Ce contenu pourrait également vous intéresser