De notre envoyé spécial à Libreville, Youcef MAALLEMI

83961agriculture-2795-2014-02-05-83961Le Gabon dispose à la fois de conditions agro-écologiques favorables (une diversité climatique allant des zones tropicales humides aux zones soudaniennes arborescentes), et d’importantes ressources en eaux et surfaces de terres cultivables. Les terres propices aux cultures sont évaluées à environ 5,2millions d’ha, pouvant être exploitées sans déforestation significative. Ce potentiel apparaît harmonieusement distribué sur l’ensemble du territoire. L’on retrouve ainsi des terres disponibles un peu partout.

 

Dans les zones périurbaines des villes du Gabon. La valorisation de ces terres permettra d’améliorer substantiellement le niveau de sécurité alimentaire dans les zones urbaines (population largement majoritaire), en offrant aux populations urbaines les plus pauvres des opportunités d’insertion dans des emplois et activités génératrices de revenus. Les projets de développement de l’agriculture périurbaine de l’IGAD, puis le PRODIAG, en ont initié le processus.

 

La vision du gouvernement

Le gouvernement vise l’extension de cette production périurbaine dans le cadre de projets tels que le développement de fermes agropastorales dans les chefslieux de provinces, associant plusieurs filières agricoles et d’élevage (aviculture, pisciculture et cultures maraichères). Au-delà de projets de production, il s’agit de structurer les chaînes de valeur des filières dédiées à la sécurité alimentaire, avec le développement de la transformation agro-alimentaire. Dans ce cadre, la création de l’Institut de Technologie Alimentaire (I.T.A.)vise à favoriser le développement d’une offre de produits de l’agriculture périurbaine transformés et commercialisés à travers des réseaux de commercialisation modernes, donnant un supplément de valeur et de revenus aux producteurs. Le Gabon dispose également de larges surfaces de plaines, ainsi que de nombreux bas-fonds propices au développement d’une agriculture focalisée sur la production de céréales intensives, et principalement du riz (première céréale consommée au Gabon, 100 000 tonnes importées par an). Ces terres sont également localisées sur l’ensemble du territoire. Au-delà du riz, d’autres céréales (maïs) et protéagineux (soja) peuvent y être avantageusement développés, d’autant plus qu’elles conditionnent dans une large mesure le développement et la compétitivité des élevages intensifs (aviculture, aquaculture…). Palmier à huile, l’hévéa, cacao, et café Le potentiel de l’Ouest du pays, dans la zone allant de la périphérie de Libreville (Andeme), et passant par Kango, Lambaréné, jusqu’à Tchibanga, d’importantes surfaces de terres avec un climat adéquat (pluviométrie, ensoleillement…) est propice au développement de plantations industrielles et villageoises de Palmier à huile. La région du Woleu Ntem dispose également du potentiel pour réussir la relance d’une production de Cacao et de Café, tombée aujourd’hui en désuétude (300 tonnes), mais aussi et surtout d’une production compétitive d’Hévéa. Cette région dispose également d’importants atouts pour assurer l’autosuffisance du Gabon en produits (pomme de terre, oignons) et en fruits tropicaux, avec un potentiel d’exportation significatif vers la région.

 

Le Gabon exporte des produits agro-industriels

A l’horizon 2025, le Gabon, par l’essor des filières agricole et d’élevage, assurera une sécurité alimentaire durable pour ses populations et sera un exportateur de rang mondial de produits agricoles tropicaux, dans le respect des principes d’agriculture raisonnée et de développement durable. Au regard de son potentiel, le Gabon réunit les atouts requis pour porter une telle ambition. La production agricole sera spécialisée en trois grands groupes, les cultures vivrières périurbaines, les cultures intensives à vocation vivrière et les filières agro-industrielles visant principalement l’exportation. Un vaste Plan de transformation des filières agricoles et d’élevage sera mis en œuvre pour atteindre ces objectifs. Il inclura les réformes et investissements en infrastructures physiques, un plan ambitieux de renforcement des capacités des acteurs et surtout d’insertion de nouveaux actifs dans l’agriculture professionnelle. Ce Plan se décline en neuf actions.

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