De notre envoyé spécial à Libreville, Youcef MAALLEMI

a-a-a-ali-bongo-pro-graineConcernant les cultures de rente, 4 800 hectares ont été aménagés pour le palmier à huile dans la zone de Ndéndé dont 3 000 hectares plantés. La Société de Transformation Agricole et de Développement Rural (SOTRADER) a signé avec la Caisse de Stabilisation et de Péréquation (CAISTAB) un partenariat pour la redynamisation de la filière café-cacao. SOTRADER a créé à fin décembre 2016, 1 063 emplois directs. Notons que depuis le 29 février 2016, la décision annoncée à Koulamoutou, par le président Ali Bongo Ondimba, en décembre 2015, d’octroyer une prime mensuelle d’incitation à l’effort d’un montant de 100 000 FCFA à chaque membre des coopératives, est effectivement appliquée.

 

le projet face aux contraintes financiers

Ainsi, malgré les contraintes financières actuelles, 108 coopératives ont reçu une enveloppe financière d’un milliard huit cent millions de FCFA au titre de cette subvention. Par ailleurs, les malentendus nés de l’octroi de cette prime d’incitation ont été aplanis. Et conformément à la volonté du Président de la République de lutter contre les privilèges indus et de rétribuer l’effort et le mérite, cette subvention est payée sur la base de critères de performance. Désormais, toutes les distorsions liées à cette allocation sont totalement maitrisées, permettant ainsi à la prime d’avoir l’effet stimulateur recherché, notamment auprès des jeunes. Dans sont discours à Makokou, le ministre de l’Agriculture avait déclaré que «malgré ces avancées et compte tenu des risques liés à un tel programme, nous avons procédé à son évaluation à mi-parcours». Cette évaluation a permis de relever des écueils, des contraintes et des difficultés parmi lesquels : – L’accès difficile à certaines localités enclavées ; – L’hostilité du relief dans certaines régions pour le choix des sites à aménager ; – Le déficit de pluviométrie à certains endroits ; – La faible participation des jeunes au programme ; – Le récurrent conflit homme-faune dans l’Ogooué-Ivindo, notamment, des ravages de la part des éléphants. Malgré ces difficultés qui suscitent des inquiétudes légitimes et quelques retards ayant donné une impression mitigée dans certaines localités, le programme GRAINE est entré dans sa phase de consolidation. Dans toutes les provinces du pays, l’adhésion des populations est sans équivoque.

 

Adhésion au programme

GARINE Dans cette forte adhésion, les femmes se distinguent. Fidèles à leur engagement, elles sont majoritairement représentées avec près de 63% des adhérents et sont les plus motivées, remplissant ainsi leur contrat avec le Président de la République dans le cadre de la décennie de la femme dont il a consacré la période 2015-2025 à Makokou. Selon le Ministre de l’Agriculture: «outre cette adhésion manifeste des populations, la preuve la plus emblématique de la réalité du programme GRAINE est donnée par cette cérémonie qui nous réunit ce jour à Makokou, consacrée au lancement par vos soins de la première campagne de récolte» a t-il ajouté.

 

Première récolte, grande réussite

De cette première campagne lancée le 12 février 2017, en présence du ministre de l’Agriculture et des autorités locales dans l’Ogooué-Ivindo puis dans les autres provinces, la récolte est de 12 000 tonnes de tubercules de manioc, 4 000 tonnes de banane plantain et 73 tonnes de piment. Ainsi, cette première campagne de récolte boucle le circuit du programme GRAINE de la plantation jusqu’à l’assiette et devrait en principe clore le débat sur son efficience. En effet, malgré les avancées du programme GRAINE sur le terrain, «avancées que l’œil qui voit ne peut nier, il y a encore quelques jours, certains esprits affirmaient que le Président de la République sillonne le Gabon pour semer une Graine qui ne germera pas et considèrent que ce programme n’était qu’un gadget de campagne qui allait fatalement se terminer par un flop». Pour le ministre, sans pour autant répondre à ces critiques, «l’évènement de ce jour de récolte démontre le contraire et rassure ses compatriotes qui croient au programme GRAINE et qui auraient pu être gagnés par le doute». Et de poursuivre: «C’est pourquoi, je voudrais, au nom du Comité de Pilotage du Programme GRAINE, réaffirmer notre engagement à rester à leurs côtés pour faire aboutir ce programme sur toute l’étendue du territoire dans les délais impartis et dans les règles de l’art». Et le ministre de scander: «Le Programme GRAINE est le «Plan Marshall» de la politique agricole de notre pays. Nous avons l’obligation historique de réussir ce programme pour accomplir le rêve des pères fondateurs de notre nation, celui d’assurer à notre peuple sa souveraineté alimentaire».

 

Le programme GRAINE vient conjurer ce sort et suscite un immense espoir auprès des populations de diverses localité dont Ekatanyabé dans l’Ogooué-Ivindo, Akok Barrage dans le Woleu-Ntem ; Andjogo dans le Haut-Ogooué, Mourembou dans la Ngounié, Bembicani dans l’Ogooué-Lolo ou Moulengui Binza dans la Nyanga. A travers tout le pays, les compatriotes manifestent le même enthousiasme. «C’est pourquoi, nous ne pouvons pas, a affirmé le ministre, nous permettre de décevoir ces populations qui ont démontré leur forte adhésion à ce programme bien au-delà de nos attentes». Malgré son ampleur, son caractère innovant, sa complexité, son coût, le programme Graine suscite bien des critiques politiciens en général. Ces critiques adressées aux responsables n’ont pas entamé l’engagment des populations qui demandent au Gouvernement de ne pas faiblir, de garder le rythme, de maintenir le cap et surtout, de ne pas les abandonner au bord de la route. «C’est pourquoi, je voudrais réaffirmer à nos compatriotes que la GRAINE germera, elle germera dans les neuf provinces de notre pays, qu’on monte, qu’on descende, qu’il pleuve ou qu’il neige. Nous n’avons pas d’autre choix», a scandé le ministre lors de cette journée de récolte.

 

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