De notre envoyé spécial à Libreville, Youcef MAALLEMI

istock_000004702748medium1Le gouvernement gabonais a procédé, vendredi 10 février, au lancement d’un Fonds national de développement agricole. Le Fonds de Développement Agricole interviendra dans les domaines du financement agricole, de la mobilisation les ressources et des financements nécessaires au développement des actions prioritaires et indispensables au développement agricole.

Le but est de mettre en place un fonds de garantie agricole, d’accorder des garanties de prêt aux agriculteurs et d’apporter un appui financier à la relève agricole. L’esprit de la FDA est d’appuyer les actions des agriculteurs dans le cadre de la diversification et de la transformation des produits agricoles. Le FDA accordera une ouverture de crédit aux acteurs des filières agricoles pour financer les besoins de financement des dépenses d’exploitation sur une courte période, pour soutenir l’activité agricole par l’octroi de marges de crédit à l’investissement et des aides et subventions pour la modernisation des filières agricoles. Au niveau de l’assurance agricole, le FDA travaillera dans un premier temps à développer des produits d’assurancestabilisation des revenus agricoles qui protègent l’agriculteur contre les fluctuations des prix du marché et des coûts de production.

L’idée c’est la mise en place d’une assurance récolte et production qui protège les revenus des agriculteurs contre les risques et catastrophes naturelles ainsi que les conséquences sur l’agriculture des conflits hommesfaune.

 

Un capital 2 milliards de FCFA

Une proposition de deux décrets portant sur la création, l’organisation et le fonctionnement du Fonds de Développement Agricole ainsi que sur les statuts du Fonds, permettent d’en mesurer la portée. Au regard de l’importance de cet outil dans le cadre du développement agricole et de la diversification de l’économie gabonaise, les experts ont proposé que le capital du Fonds de Développement Agricole soit établi à deux milliards de francs CFA (2 000 000 000), réparti en cent milles parts. L’Etat détiendra 49% du capital et les 51% restants seront détenus par les filières interprofessionnelles agricoles. Ce capital est entièrement à libérer par les deux parties (Etat – Filières interprofessionnelles) dans un délai de deux ans. De son côté, l’Etat accordera une subvention de démarrage de trois milliards de Francs CFA (3 000 000 000) à la création du Fonds. Pour ce qui concerne la Gouvernance du Fonds, les commissaires ont retenu la mise en place d’un Conseil d’Administration et d’une Direction Générale. Les modalités de désignation des membres du Conseil d’Administration seront précisées dans le Décret portant Statut du Fonds de Développement Agricole.

Ressources du FDA

En ce que concerne les ressources, les commissaires ont analysé et évalué les différents modes de financement du Fonds. A ce titre, les principales ressources du fonds proviendraient entres autres, d’une subvention de démarrage octroyée par l’Etat, du capital social, des ressources propres, des revenus des participations, des produits des emprunts et des subventions, dons et legs et financements innovants. Pour le suivi de la mise en œuvre du fonds de développement Agricole et des filières interprofessionnelles agricoles, les commissions ont retenu la création d’un Comité de suivi paritaire Gouvernement – Acteurs des filières agricoles en vue d’une action de sensibilisation et d’information sur la création du Fonds, l’organisation des filières interprofessionnelles pour la période du mois de mars 2017, l’élaboration de deux feuilles de route (Gouvernementale et filières interprofessionnelles) et la nécessité d’élaborer des termes de référence en vue du recrutement de deux experts. L’un des experts sera spécialisé dans la mobilisation des fonds et l’autre dans les procédures qui devraient gouverner le financement, subventions et aides accordées par le Fonds aux acteurs agricoles. Ajoutons à cela, un contrat programme Etat-Filières interprofessionnelles dans le cadre de leurs travaux. Les Commissaires ont retenu la création des organisations interprofessionnelles des différentes filières suivantes : filières cultures de rente (palmier à huile, hévéa, etc.), café-cacao, céréales, fruitière, élevage (avicole et porcine), pisciculture, bovine et petits ruminants, apiculture, maraîchage et produits vivriers.

A ce titre, les Commissaires ont recommandé l’adoption d’un projet de décret portant création, organisation et fonctionnement des filières interprofessionnelles agricoles dans un délai maximum de trois mois. En outre, les Commissaires, de façon unanime, se sont accordés à placer le développement de l’Agriculture comme le nouveau carburant de l’émergence dans le cadre de la création d’emplois et de la richesse nationale. Au regard de cette perspective, il a été proposé que l’Etat, dans le cadre du développement du secteur agricole dans son ensemble, élabore des contrats programmes qui détermineront par filières, les objectifs globaux, les actions prioritaires, les différentes formes d’appuis et incitations de l’Etat, le montant des investissements recherchés, la durée du programme ainsi que la responsabilité et engagement de chaque filière. Ces contrats programmes devraient donner lieu à une signature entre l’Etat et la filière concernée. Dans le cadre des politiques environnementales et d’une meilleure efficacité et efficience du financement de l’Etat dans la perspective des aménagements et de l’accès aux sites agricoles, les Commissaires recommandent à l’Etat la mise en place de villages agricoles ou Zones d’Etablissement Agricole. Cette nouvelle politique aura l’avantage de participer à une meilleure organisation de l’aménagement du territoire et de contribuer à l’amélioration de l’habitat rural, partie intégrante de la politique du logement, tout en facilitant les synergies entre acteurs des filières agricoles.

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