itie-6La Guinée qui accuse du retard dans la publication de ses rapports ITIE (initiative pour la transparence dans les industries extractives) a publié en fin 2016 et fin mars de cette année respectivement son 10ème et 11ème rapport ITIE, sous la norme ITIE 2013 par un cabinet indépendant, Finergies. La présentation solennelle des deux rapports par le comité de pilotage de l’ITIE-Guinée à travers son secrétariat exécutif a été faite ce mercredi 19 avril 2017 à Conakry, sous la présidence du Premier ministre guinéen Mamady Youla.

L’élaboration et la publication des rapports ITIE ont pour objectif de renforcer la compréhension du niveau de contribution du secteur minier à l’économie nationale et de proposer quelques orientations pour consolider la gouvernance publique et la transparence dans les industries extractives des pays ayant souscrit au processus ITIE.

Le Premier ministre, Mamadi  Youla, qui a officié la cérémonie de présentation et qui, de surcroit, est président du conseil de supervision de l’ITIE- Guinée, s’est réjoui du travail abattu par l’ensemble des acteurs pour aboutir à la publication des données permettant d’évaluer le potentiel minier de la Guinée et son apport à l’économie. Il les a encouragé à poursuivre dans la même lancée en vue de qualifier davantage le processus engagé pour l’amélioration de la gouvernance dans les industries extractives.

Le président du comité de pilotage, a pour sa part justifié la présentation officielle des deux rapports ITIE par le faite d’après lui que : « la publication et la dissémination constituent des exigences fondamentales de la norme ITIE. Ces documents sont conçus pour susciter les débats au niveau d’un large public  et constituent un outil au service de l’État et du citoyen » a déclaré Sadou Nimagan.

Pour revenir au contenu des deux rapports ITIE 2014 et 2015 publiés, les montants déclarés en 2014 sont de l’ordre de 1956 milliards de francs guinéens soit 279 millions de dollars et en 2015 de l’ordre de 2192 milliards de francs guinéens soit 293 millions de dollars. Ce qui dénote de la hausse des revenus dans le secteur extractif.

Le ministre guinéen des mines estime par ailleurs que « ces chiffres interpellent non seulement par rapport au niveau des revenus, mais aussi par rapport aux sources de ces revenus qui ne portent fondamentalement que sur deux substances : la bauxite et l’or ».

Abdoulaye Magassouba table sur  les réformes réalisées dans le secteur pour permettre une profonde diversification et l’accroissement des revenus tirés de l’or et de la bauxite, mais aussi de l’alumine dans un proche avenir. Il croit que  la réalisation des projets en cours et la perspective de nouveaux investissements dans le secteur minier guinéen sont des signaux rassurant pour l’atteinte de cet objectif. Tout en invitant les sociétés minières et la société civile à participer activement à la production des rapports de 2016 et 2017 afin de mieux préparer la prochaine validation en  2018.

Le secteur extractif est le principal levier de recette de l’État guinéen, avec une contribution à hauteur de 24 %.

Cependant, l’élaboration des rapports ITIE en Guinée reste encore un défi pour un secteur qui a été longtemps géré dans le flou et l’opacité. Les scandales qui éclaboussent ce secteur depuis quelques années interpellent la société civile locale et l’ITIE- Guinée à passer à la vitesse supérieure par l’adoption de la nouvelle norme ITIE 2016, qui inclut, notamment, l’exigence de la divulgation de la propriété réelle qui représente carrément une révolution dans l’initiative ITIE. Car permettant de contrecarrer l’évasion fiscale et le blanchiment d’argent entre autres…


Mamadou Aliou Diallo, Conakry