digital«La place financière de Casablanca se devait d’avoir un événement de classe internationale sur le secteur de l’assurance», déclare Bachir Baddou, directeur général de la Fédération Marocaine des Sociétés d’Assurances et de Réassurance (FMSAR) à l’ouverture, le 19 avril 2017, de la 4ème édition du “Rendez-vous de l’Assurance”, marquée par une forte affluence.

En effet, 900 délégués venus du Maroc, du reste de l’Afrique, des USA et d’Europe ont assisté au démarrage de l’événement contre 400 lors de la première édition. Le thème du jour,

“la transformation digitale”,  a occupé l’essentiel du discours de Mohamed Bensalah, président de la FMSAR: “le smartphone est notre meilleur ami. Nous ne sommes plus des consommateurs passifs. Le secteur de l’assurance a compris cette mutation”, lance-t-il d’emblée.

La révolution digitale, poursuit M. Bensalah, ouvre la voie à l’exploitation des masses de données pour une meilleure analyse du risque, de son calcul et de sa tarification. 

Au Maroc, l’année 2016 a vu une croissance de 15% tirée par l’assurance vie et capitalisation dont les primes ont augmenté de 35%. C’est une nouvelle donne, souligne M. Bensalah qui rappelle que la branche vie représente désormais 40% de la masse du secteur. 

“Aux USA, plus de 80% des investissements dans les obligations corporate sont le fait de l’assurance vie”, rappelle Dirk Kempthorne, président de la Global Federation of Insurance Associations (GFIA), une fédération internationale  de 40 membres comptant pour 87% des primes émises dans le monde. C’est dire l’importation de la transformation des marchés africains de l’assurance appelés à jouer des rôles prépondérants dans  l’animation des marchés financiers.

 C’est clair, l’avènement  du Web 2.0 et des big data va encore plus accélérer la maturation des marchés et bouleverser l’expérience client. Pour M. Bensalah, les Etats doivent accompagner le secteur à mettre en place les réformes nécessaires.

Présent à la cérémonie d’ouverture, Hassan Boubrik, président de l’Autorité de Contrôle des Assurances et de la Prévoyance Sociale (ACAPS), estime que la révolution  digitale induit de nouveaux modèles intelligents. “L’explosion du parc des smartphones et des objets connectés (20 milliards à l’horizon 2020) poussent l’assureur et le régulateur à adopter de nouvelles logiques.

Par exemple, explique-t-il “l’avènement du véhicule autonome sans chauffeur déplace la responsabilité civile vers le constructeur et l’éditeur de technologies embarquées. D’un autre côté, la  digitalisation et le développement des blockchain  combinés aux avancées de la génétique révolutionnent  l’assurance santé.”

Finalement, rappelle M. Boubrik, la boutade de Bill Gates selon laquelle “le monde a besoin de services bancaires, pas de banquiers, n’est-elle pas à étendre aux assureurs?”

Dans tous les cas, le rôle du professionnel  sera essentiel pourvu qu’il réinvente son expérience client, “le digital ne faisant que lui donner l’occasion de bien gérer son temps et de se consacrer davantage à la relation avec l’assuré”. 

En Afrique, la révolution digitale est un accélérateur potentiel de l’inclusion financière. Pour transformer ce potentiel, les régulateurs doivent mettre en place un cadre règlementaire pour le canal de  distribution. Le Maroc, en ce qui le concerne,  va entamer dans les mois prochains une réflexion profonde pour les 15 à 20 prochaines années. Idem pour le Sénégal, selon Mor Adj, président  de la Fédération Sénégalaise des Sociétés d’Assurances (FSSA).” Un cade stratégique d’accompagnement du secteur  est en préparation à la Fédération Sénégalaise”, a-t-il précisé.

À l’instar du Maroc, le Sénégal  et la Zone CIMA (Conférence interafricaine des marchés de l’assurance, qui regroupe 14 pays )  connaît un bouleversement du secteur marqué par une accélération de l’assurance-vie, en augmentation de 26% en 2015  et  34% en 2016. 

L’ouverture de la 4ème édition du “Rendez-vous de l’assurance” a été marquée par la signature d’une convention de coopération technique entre le Sénégal, pays à l’honneur, et le Maroc.

Adama Wade, Casablanca