Par Dia El Haj Ibrahimabaye-240x160


En 2012, la Mauritanie était classée premier pays africain consommateur annuel de sucre par habitant et cinquième au niveau mondial. Cet état de faits  nécessite la mobilisation d’une enveloppe financière conséquente et en devises pour assurer les importations de ce produit.

Pour faire face à ce problème, l’Etat, en partenariat avec des investisseurs soudanais,  avait  lancé un méga projet à Foumgleita, une ville située au sud de la Mauritanie.  L’investissement s’élève à 464 millions de dollars. Entre 4 et 9 variétés de canne à sucres seront plantées au départ sur une superficie de 5 000 hectares mais extensible à 10.000 hectares.

L’objectif affiché est de créer un pôle agro-industriel qui produira du sucre raffiné.  Ce n’est pas tout. A   partir des déchets, on fera de l’aliment bétail, des fertilisants et e l’éthanol. Bref, le projet est non seulement rentable mais comportant un impact social important  selon l’étude de  départ conduite par la partie  soudanaise. Mais que s’est-il passé depuis? 

En fait, pas grand chose. Tout projet structurant a besoin des hommes capables de mettre en oeuvre des processus et de contourner les éventuels pièges dressés par des lobbys qui ont  intérêt à maintenir le pays dans une dépendance internationale. Le président Mohamed Abdel Aziz lui même semble, de guerre lasse, s’être résigné à voir l’un de ses projets phares tourner en eau de boudin.

Bref, après quatre années de gestation, la COMASUD (Compagnie Mauritanienne de Sucre et Dérivés) bien qu’elle ait  déjà engagé des sommes exorbitantes dans son fonctionnement, l’expérimentation des variétés et les équipements de laboratoire, reste clouée au sol. A la longue, ce  projet censé créer  plus de 4000 emplois et couvrir toute la consommation locale en sucre, risque de se noyer dans les eaux de l’un des plus grands barrage de la Mauritanie : le barrage de Foumgleitta.

Le blocage qui ne dit pas son nom sur ce projet majeur montre la violence des forces de l’inertie.  Il existe des groupes de pression en Mauritanie qui ne veulent ni d’une autosuffisance en sucre, encore moins en riz, légumes et autres denrées de base. Ce sont là les vrais facteurs du sous-développement.

 

Ce contenu pourrait également vous intéresser