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Des courriels internes de Shell publiés lundi 10 avril par les ONG, Financial Uncovered et Global Witness, montrent que la cinquième plus grande entreprise pétrolière du monde a participé à un programme de corruption qui a privé le Nigeria de 1,1 milliard de dollars.

Selon les deux ONG, l’entreprise pétrolière et gazière anglo-néerlandaise a corrompu plusieurs personnes dont des membres du gouvernement nigérian et l’ancien président Goodluck Jonathan, pour obtenir les droits d’exploitation de la zone pétrolifère OPL 245, au large du Nigeria.

Avec l’entreprise italienne ENI, Shell a versé, en mai 2011, 1,1 milliard de dollars (1 milliard d’euros) sur un compte de la banque JPMorgan, ouvert au Royaume-Uni par le gouvernement nigérian. Il leur aura fallu plusieurs années de batailles juridiques pour obtenir ce juteux contrat.

Les ONG de poursuivre : « l’argent a ensuite été distribué à différentes personnalités nigérianes pour les remercier d’avoir permis cet accord ». Dan Etete, un ancien ministre du pétrole, condamné en France pour blanchiment d’argent, est au cœur de la transaction. C’est à lui qu’appartient l’entreprise Malabu Oil & Gas, propriétaire du champ pétrolifère OPL 245. « Dan Etete avait profité de sa position ministérielle pour s’attribuer illégalement, en 1998, la propriété d’OPL 245», lit-on dans la publication.

Pour Financial Uncovered et Global Witness, Shell a nié  pendant des années ce qu’il faisait, mais « les courriels d’aujourd’hui prouvent que des membres haut placés de Shell savaient qu’une partie de l’argent serait versée à des intermédiaires, notamment à l’ex-président Goodluck Jonathan, et ne serait pas utilisée par l’Etat nigérian ».