images-1

Le Président Jacob Zuma fait face à une fronde interne qui prend de l’ampleur. Quelque 72 heures après le remaniement gouvernemental qui a emporté le ministre des finances, Pravin Gordhan, l’African National Congress (ANC) fustige la décision de son leader.

La grogne est dirigée par le trésorier, Zweli Mkhize, le vice-président, Cyril Ramaphosa, milliardaire candidat à la présidence, et le secrétaire général de l’ANC, Gwede Mantashe, épaulé par l’influent groupe des anciens combattants du parti.

Les frondeurs, soit une bonne moitié des hauts fonctionnaires de l’ANC, contestent le limogeage de Pravin Gordhan qui, selon eux, a été débarqué pour son  intangibilité face à la famille Gupta. Cette richissime famille d’origine indienne, employeur du fils de Zuma et de sa troisième épouse, étend ses tentacules dans les mines, les médias, l’informatique et l’ingénierie. Interpellé plusieurs fois sur ses liens avec la famille Gupta, le président Zuma ne nie pas son amitié pour la fratrie.

Proche du Président Zuma, la famille Gupta  avait accusé l’ex-ministre des finances de diffamation suite à  une décision des quatre plus grosses banques sud-africaines de fermer ses comptes. Dans une déposition à la  mi-octobre 2016,  Pravin aurait  révélé l’existence de 70 transactions suspectes réalisées par la famille Gupta. La fratrie estime que la déposition du ministre des finances comportait  des erreurs factuelles et que la décision des banques de fermer ses comptes avait été prise suite à une réunion avec M. Gordhan.

Pour le secrétaire général de l’ANC, Gwede Mantashe, « le seul crime de Gordhan est l’incorruptibilité. Nous resterons solidaires avec lui», estime-t-il en faisant allusion à un lien entre ce limogeage et la famille Gutpa.

Plébiscité par le marché, M.Gordhan a été limogé jeudi 30 mars à la faveur d’un remaniement ministériel qui a touché au moins 15 ministres et vice-ministres. L’opposition interne au président Zuma au sein de l’ANC a déclenché en retour le mouvement  « Zuma must go », exigeant la démission d’un chef d’Etat mêlé à une série de scandales.

Pour sa part, l’Alliance démocratique (DA), principal parti de l’opposition, a annoncé le prochain dépôt   d’une motion de défiance contre M. Zuma, accusé de menacer l’économie du pays.

Pour sûr, ce climat de contestation n’est pas pour arranger les affaires de l’ex présidente de la Commission de l’Union Africaine, Dlimani Zuma, plus que jamais déterminée à succéder à son mari.