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La note est bien salée pour les dizaines de milliers de souscripteurs aux produits des sociétés d’agrobusiness qui devront se partager le menu fretin des ressources que l’Etat ivoirien a pu saisir sur les comptes de ces dernières. Et c’est peu de le dire.

Dans un communiqué publié ce 15 mars, le Comité de veille, mis en place par les autorités pour le traitement de ce dossier, présente un montant de 24,58 milliards FCFA saisi sur les comptes gelés des 21 entreprises d’agrobusiness recensées alors que les capitaux investis par les souscripteurs s’élèvent à 101,64 milliards FCFA. Un gap abyssal qui a de quoi donner des sueurs froides aux 53 593 individus qui ont souscrit en tout à 78.553 contrats d’investissement.

Les souscripteurs de trois entreprises (Green Web Consultant, Agribiznet, Agricash) obtiendront le remboursement de la totalité de leurs investissements, entre 106 et 124%, sur la base du solde bancaires de ces dernières. Les soldes de quatre autres sociétés (Gram’s, Agriig, Leader Investissements et Cifide – Agrofinance) permettront des remboursements à hauteur de 51 à 88% des mises.

Mais pour le gros du lot qui porte sur 86% des contrats (67 797), le remboursement ne se fera qu’à concurrence de moins de 32% des investissements souscrits. L’on notera par exemple que pour les deux plus grosses entreprises de la filière, Monhevea.com et Respiidia, représentant près de 61 000 contrats, les soldes des comptes ne pourront permettre de rembourser respectivement que 12,87% et 2,49% des montants investis.

Pour cette dernière catégorie d’entreprises, les autorités ivoiriennes qui ont entamé les premiers remboursements ce jeudi, attendent de retrouver d’autres actifs à liquider afin de relever les niveaux de remboursement.

Ces entreprises avaient fait miroiter des retours sur investissement allant jusqu’à 1000% en quelques mois via l’exploitation de champs de cultures vivrières. En réalité, il ne s’agissait que d’un système de type Ponzi ou pyramidale qui permettait de régler les gains des premiers inscrits grâce aux souscriptions des derniers adhérents.

En 2006, la Côte d’Ivoire (ainsi que d’autres pays de la sous région) avait connu une affaire similaire avec les « Placements d’argent », un système avait permis de subtiliser l’épargne de dizaines de milliers de citoyens. Mais l’on en a tiré malheureusement aucun enseignement de sorte que l’histoire, encore une fois, n’a fait que se répéter.

 

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