L’agence de notation Fitch Ratings a indiqué, dans un communiqué publié sur son site le 10 mars 2017, que le report du décaissement au titre du programme tunisien de mai 2016 du FMI équivalant à 320 millions de dollars met en lumière les défis de la réforme du gouvernement tunisien.

Selon Fitch, les autorités tunisiennes ont confirmé que le paiement a été reporté en raison de retards dans un certain nombre de domaines, y compris la fonction publique et la réforme fiscale.

En revanche, les risques de financement à court terme ont été atténués par l’émission d’un marché obligataire de 850 millions d’euros en février, de nouveaux retards de réforme pourraient accroître l’incertitude entourant les perspectives de financement de la Tunisie.

Ainsi, l’agence s’attend à ce que le déficit budgétaire se situe autour de 6% cette année, notant que le Tunisie devra emprunter l’équivalent de 7% du PIB sur les marchés internationaux et 2,8% sur le marché domestique.

La Tunisie s’appuie principalement sur des financements multilatéraux pour couvrir l’insuffisance de financement restant, dont le FMI (environ 640 millions de dollars), la Banque mondiale (environ 500 millions de dollars), la Banque africaine de développement (environ 300 millions de dollars) et l’Union européenne (500 millions d’euros). Fitch  s’attend au maintien du soutien des bailleurs de fonds à la Tunisie mais l’incertitude du FMI pourrait impacter les perspectives de financement.

Fitch a rappelé qu’elle a dégradé la Tunisie en «B +» de «BB-» en février en raison de la faiblesse de la croissance économique et des perspectives dans le contexte des risques de sécurité accrus et des retombées sur les finances publiques et extérieures. « L’amélioration de l’appareil de sécurité du pays pourrait contribuer à la normalisation des conditions économiques ».

Fitch projette une accélération à environ 2,5% du PIB  au cours des deux prochaines années, reflétant une hausse de la consommation privée et une reprise prévue des investissements qui sera aidée par l’adoption d’une nouvelle loi sur les investissements en septembre 2016, Et l’élan positif généré lors de la conférence «Tunisie 2020» de l’an dernier.

Mariata DIENG

 

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