miss-rda7Jeannette Kagame est son modèle. “L’enfant noir” de Camara Laye est son roman favori. Elle a l’ambition de promouvoir les produits “Made in Rwanda”. Elle n’a pas de copain…

 

Par André Gakwaya, Kigali.

De teint clair, de taille haute, toujours souriante avec des dents blanches dans une gencive noire, Elsa Iradukunda vient de franchir une étape capitale de sa vie. La belle jeune fille   a été sacrée Miss Rwanda le  25 Février 2017. Elsa Iradukunda (Iradukunda signifie en Kinyarwanda : Dieu nous aime) approche ses 19 ans. Elle est née le 25 mars 1998 et n’a pas été témoin des jours de feu. Elle mesure  1,76 m et pèse 50 Kg. Elle est la quatrième d’une famille de huit enfants dont six filles et deux garçons. Elle a dépassé toutes ses concurrentes en beauté et en intelligence.

Son père s’appelle Samuel Mana. Il a un bureau de change dans la Ville de Kigali. Sa mère Christine Mukandekezi est commerçante. Tous habitent la cellule Kanserege, secteur Gikondo, district de Kicukiro.

Comme principaux prix, la miss Rwanda 2017 a été gratifiée, entre autres, d’unvéhicule Suzuki Sx4 d’une valeur de 15 millions de Frw, soit 18 200 dollars. Pendant une année, elle touchera 9,6 millions Frw, soit huit cent mille Frw par mois (environ 1000 US $ par mois). En outre, elle  bénéficiera des habits à jour, des services gratuits de salon pour ses cheveux tous les  mois, ainsi que du nettoyage de son véhicule. Elle a eu des tickets pour un voyage à l’étranger. A la fin  2017, elle représentera le Rwanda dans le Concours Mondial des Miss (World Miss).

Elsa Iradukunda parle couramment trois langues : Français, Anglais et Kinyarwanda. Durant la compétition, elle a représenté la Province de l’Ouest. Elle n’était pas pressentie pour être élue Miss. Seulement, elle était intérieurement convaincue qu’elle doit terminer la compétition en donnant la valeur à sa famille. «J’ai senti en moi l’appel et la capacité de devenir Miss dès mon jeune âge. Mais c’est à la fin de mes trois années de l’école secondaire en 2013 que j’ai décidé d’être candidate à la compétition»,  confie-t-elle.

Le Projet qu’elle veut réaliser pendant la période qu’elle gardera la couronne de Miss 2017, c’est d’aider le Gouvernement du Rwanda à renforcer la fabrication des produits faits au Rwanda ou «Made in Rwanda». Dans cette perspective, elle apportera un appui aux opérateurs privés ayant des produits spécifiques alignés sur ce but.

 

Dans ses échanges avec André Gakwayaka, de  Rwanda News Agency (RNA) et de Financial Afrik à Kigali, elle a confié que la personne modèle qui inspire son action est la Première Dame du Rwanda, Mme Jeannette Kagame, pour son engagement dans la promotion de l’éducation de l’enfant rwandais, particulièrement de la jeune fille. Mme Kagamé est aussi un modèle dans la reconstruction de l’Unité des Rwandais après le Génocide de 1994, notamment à travers la réalisation de Unity Club qu’elle a fondée et qui appuie les rescapées du génocide, les veuves restées seules sans familles. Unity Club récompense aussi les Abarinzi b’ Igihango (Gardiens du Pactes de l’Amitié des Rwandais), comme ce fut le cas en décembre 2016. Les Abarinzi b’Igihango sont considérés comme des héros, car ils ont sauvé des vies humaines en 1994, et certains l’ont payé de leur vie. D’autres ont survécu jusqu’aujourd’hui.Mme Kagamé fait la promotion de l’éducation aussi à travers Imbuto Fondation qu’elle a créée.

Elsa Iradukunda prend soin de confier qu’elle aime beaucoup sa mère qui lui sert de rempart et de meilleure conseillère dans toutes les circonstances. Elsa Iradukunda a fait son école primaire au Petit Prince, puis son école secondaire au King David Academy, section Histoire, Economie et Arts. Quand elle a été Miss Rwanda, sa joie a débordé « Je me suis beaucoup réjouie. J’étais dépassée. J’ai exprimé ma reconnaissance profonde à Dieu et à tous ceux qui m’ont soutenue » confie-t-elle.

« Quand j’ai embrassé ma mère, je n’ai pas retenu mes larmes, pendant qu’elle m’a soufflé à l’oreille : « Dieu ne ment pas. Il vient d’achever son plan. Mes larmes traduisaient ma joie exceptionnelle, extraordinaire. Effectivement, durant la compétition, je suis restée confiante que je gagnerais », poursuit-elle.Elle reconnaît que durant la retraite des quinze candidates Miss, l’on a découvert en elle le talent d’imiter les autres, de maintenir l’humour, le sourire et le moral dans le groupe, ce qui est la preuve d’une forte personnalité de bon leader. « J’ai aussi une vie pieuse centrée sur le nom de Jésus. J’aime prier, mon Eglise est Restoration Church de Gikondo. Je suis une chrétienne ordinaire, sans autre fonction dans l’église », a-t-elle dit.

Rien d’étonnant si Elsa est devenue Miss en 2017. Elle a grandi en imitant les pas des Miss, et en disant à son entourage qu’elle est prédestinée à porter la couronne des Miss, toujours selon son témoignage. Même maintenant depuis trois ans, son travail était de faire la publicité des modèles, un métier qu’elle adore. « Mais je ne sais pas si je continuerai cette activité », déclare-t-elle.


 

 

miss-rda4

« La Femme rwandaise doit faire preuve de l’intégrité et de l’Ubupfura, une valeur qui réunit toutes les valeurs » – Elsa Iradukunda

En ce 8 mars où  le monde entier célèbre la Journée Mondiale de la Femme, Elsa Iradukunda estime que « La Femme rwandaise doit faire preuve d’intégrité et de l’Ubupfura, une valeur culturelle qui est un comportement, et qui réunit toutes les valeurs ». «Cela signifie se respecter et respecter les autres. C’est se donner de la dignité, de la valeur», explique-t-elle. Elle ajoute qu’elle n’aime pas mentir. Mais elle n’exclue pas que cela ne puisse lui arriver, surtout quand ce mensonge peut contribuer à se dégager d’un piège pour sauver sa vie ou celle des autres.


« Je déteste la duplicité » – Elsa Iradukunda

« D’habitude, j’aime la sincérité. J’abhorre la duplicité, le discours double. J’éloigne de moi toute personne qui tient devant moi un double discours », s’insurge-t-elle encore sereinement.

« J’aime lire William Shakespeare, auteur de Roméo et Juliette ». Parmi les auteurs africains, j’aime lire aussi African Child ou l’Enfant noir de Camara Laye.

« Je continuerai à mener une vie simple, ordinaire, comme je vivais avant ». Ce n’est pas l’argent, le véhicule les fréquentations qui changeront ma façon d’être et de vivre. Je continuerai à prier, à vivre simplement comme je vivais avant. Je resterai sereine, toujours moi-même. Je ne changerai pas », souligne encore Elsa Iradukunda.

« Je n’ai pas d’amant. Ce n’est pas une priorité pour le moment ». Cela signifie que quand le moment viendra, l’amant viendra. Je ferai ce choix. Après tout, ce n’est pas une fin en soi. Même quand l’amant n’est pas là, la vie se poursuit », dit encore Elsa Iradukunda.

 

 

Share Button